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Un prêtre pédophile caché par les Oblats pendant 16 ans

Le père Eric Dejaeger est rentré au pays en 2011 et a été condamné à 19 ans de prison pour avoir agressé 22 enfants.
Photo courtoisie Le père Eric Dejaeger est rentré au pays en 2011 et a été condamné à 19 ans de prison pour avoir agressé 22 enfants.

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Un missionnaire recherché par la police pour des agressions sexuelles sur des enfants inuits a été caché pendant 16 ans en Belgique par les Oblats pendant qu’un mandat d’amener international pesait contre lui.

Le père oblat Eric Dejaeger a été reconnu coupable en 2015 d’avoir agressé 22 enfants âgés de 4 à 18 ans entre 1978 et 1982 pendant qu’il était missionnaire à Igloolik au Nunavut. Il a écopé d’une peine de 19 ans de pénitencier.

Mais auparavant, il s’est réfugié chez ses confrères Oblats en Belgique pour fuir la prison. Il a joui d’une liberté complète pendant 16 ans, malgré un mandat d’arrêt international qui pesait contre lui.

Citoyenneté

Dejaeger a finalement dû rentrer au Canada pour des questions d’immigration et non pour une affaire d’extradition.

En janvier 2011, il est revenu au Canada après qu’un journaliste belge eut rapporté qu’il avait perdu sa citoyenneté belge en 1977 en devenant Canadien. L’homme, qui vivait en Belgique sans aucun visa depuis 1995, a été expulsé par les autorités. Il a ensuite pu être jugé.

Selon Paul Charest, professeur retraité-associé du département d’anthropologie de l’Université Laval qui a étudié la communauté, il est arrivé que le père supérieur des Oblats déplace un prêtre dans une autre mission lorsque celui-ci avait des inconduites sexuelles. L’histoire du père Dejaeger en est un exemple.

Le prêtre Dejaeger avait également été condamné à cinq ans de prison dans les années 1990 pour avoir agressé sexuellement des enfants de 9 à 18 ans.

Agresseur, mais toujours Oblat

Même si un juge a reconnu un Oblat de Marie-Immaculée coupable d’avoir agressé des femmes autochtones, sa communauté religieuse a pris le temps de l’honorer à sa mort.

Hubert Patrick O’Connor a œuvré dans des communautés autochtones du Yukon pendant 15 ans et en Colombie-Britannique pendant 5 ans. Puis, en 1991, il a remis sa démission après avoir été accusé d’agressions sexuelles.

Les victimes, qui avaient été violées dans les années 1960, ont dû attendre jusqu’en 1996 avant que leur bourreau soit condamné à deux ans et demi de prison.

Il était toujours oblat lors de son décès en 2007.

Ses funérailles avaient été célébrées à Huntingdon en Montérégie.

Affecté en France après des agressions sexuelles

David Prince, Le Journal de Montréal

Le frère oblat Raynald Couture a été affecté en France dans les années 1990 lorsque des rumeurs d’agression sexuelle sont venues aux oreilles de la communauté.

M. Couture a été condamné en 2004 à 15 mois de prison pour avoir agressé huit garçons atikameks de Wemotaci, au nord de La Tuque.

Lorsqu’il a quitté cette communauté en 1991, le père Couture s’est mis à genoux à la sortie de l’église pour demander pardon à la communauté. Tous les fidèles qui voulaient lui pardonner n’avaient qu’à lui poser la main sur la tête.

Or, très peu lui ont pardonné.

D’ailleurs, quatre des garçons agressés par le prêtre de 1980 à 1987 se sont par la suite suicidés.

Peu de temps après avoir quitté Wemotaci, le père Couture a été envoyé en France par les Oblats.

M. Couture a l’impression que ses supérieurs l’ont changé de continent « parce qu’il y avait des rumeurs et que les autorités étaient au courant des activités qu’il avait eues avec des garçons », peut-on lire dans le jugement.

Lors des observations sur la peine, les Oblats offrent à la justice canadienne d’affecter

M. Couture à l’un de leurs vergers où il demeurerait prêtre, mais ne serait plus en relation avec la population.

En raison du haut risque de récidive, le juge l’a plutôt condamné à 15 mois de prison.