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Le Québec a besoin de Denis Gallant

Me Denis Gallant.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Me Denis Gallant.

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Confession : Me Denis Gallant fait partie des gens dont j’admire tout particulièrement les principales qualités.

L’ex-procureur de la commission Charbonneau et présentement l’inspecteur général de Montréal, est en effet un de ces personnages dont la feuille de route est marquée du double sceau de l’intégrité et du service public.

Après avoir commencé à nettoyer les écuries souillées de la ville de Montréal en matière de collusion et de corruption, voilà qu’il annonce son départ avant la fin de son mandat, lequel devait se terminer en février prochain.

Dans son dernier rapport, Me Gallant prêche avec raison pour l’instauration d’une nouvelle culture de «prévention», en partie par une meilleure formation de ceux et celles qui manient les cordons de la bourse publique à Montréal. Ce qui doit inclure, semble-t-il encore, le sommet même du pouvoir à l’hôtel de ville.

À preuve, dans le passé encore très récent, on n’a qu’à penser entre autres au fouillis financier de la Formule électrique (FE) sous l’administration de l’ex-maire Denis Coderre. Une vraie boîte de Pandore dont on n'a pas fini de découvrir de nombreux recoins plus sombres.

Ce matin, notre Bureau d’enquête en rapporte un énième élément troublant :

«La Ville de Montréal a octroyé discrètement une trentaine de contrats sans appel d’offres pour la course de Formule électrique, qui ont totalisé plus d’un demi-million de dollars. Trois mois après le fiasco qui a mené à l’annulation des prochaines éditions, nous avons découvert ces dépenses bien dissimulées dans une liste de 204 000 petits contrats octroyés par des fonctionnaires municipaux.»

Et le Bureau de rappeler aussi que :

«La Ville a perdu environ 20 M$ dans l’aventure. Elle risque aussi de perdre les 7,3 M$ que lui doit Montréal c’est électrique, qui avait été créé par l’ex-maire pour chapeauter l’événement. MCE a fait faillite et se fait réclamer un total de 32,4 M$ par divers créanciers, dont 20,4 M$ par Formula E Operations qui dirige le championnat.»

La Ville qui a perdu au moins 20 millions de dollars, ce sont les Montréalais qui les ont perdus.

Le fait est que des années après la commission Charbonneau, le gâchis de la FE n’aurait jamais dû se produire.

Or, il s’est produit sous le nez même d’une administration tellement pressée à se donner sa petite coursette de vroum-vroum électrique en plein centre-ville qu’elle semble avoir fermé dangereusement les yeux sur la manière dont le tout était géré... ou pas.

Comme quoi, celui ou celle qui remplacera Me Denis Gallant au poste d’inspecteur général ne chômera pas non plus.

***

Mais où ira Me Gallant? Se priver de ses services serait en effet une grave erreur.

Plusieurs, dont votre humble chroniqueuse, espéraient le voir remplacer (enfin!) Robert Lafrenière à la tête de l’UPAC, devenue carrément dysfonctionnelle.

On le voit aussi prendre possiblement la direction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), lui aussi gangrené par une grave crise interne.

Un «civil» incorruptible à la tête du SPVM?

À défaut de le nommer à la tête de l’UPAC, ce serait là une excellente idée...