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Réduction des GES : le gouvernement fédéral accusé de se traîner les pieds

Réduction des GES : le gouvernement fédéral accusé de se traîner les pieds
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OTTAWA – Alors qu’un nouveau rapport indique que le Canada ratera ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES), plusieurs intervenants ont dénoncé le laxisme du gouvernement fédéral dans ce dossier.

«Justin Trudeau doit arrêter de se pavaner sur la scène internationale en disant qu’on est sérieux dans les luttes aux changements climatiques quand il y a une absence totale de leadership de la part des libéraux», a déploré le porte-parole néodémocrate en matière d’environnement, Alexandre Boulerice.

Il a qualifié de «constat d’échec» le rapport déposé mardi par la commissaire à l’environnement, Julie Gelfand.

Rapport accablant

Le rapport de la commissaire montre que, si rien n’est fait, le fédéral est en voie de manquer les cibles fixées par le précédent gouvernement conservateur.

«On ne s’attend pas à ce que le Canada soit à même d’atteindre sa cible [...] de 2020. Par ailleurs, pour atteindre sa cible de 2030, le Canada devra faire des efforts considérables et prendre des mesures qui vont au-delà de celles qui sont déjà prévues ou en cours», note la commissaire Julie Gelfand dans son rapport.

Le Canada souhaite réduire de 17 % ses émissions de GES d’ici 2020 par rapport à son niveau de 2005, et de 30 % d’ici 2030.

«Le reste de la planète prend 1998 comme cible, donc celle du Canada n’est pas ambitieuse du tout», a réagi la députée du Groupe parlementaire québécois, Monique Pauzé.

Selon elle, le fédéral doit à tout prix laisser tomber sa défense des projets de pipeline et d’extraction des énergies fossiles, un point de vue partagé par Greenpeace Canada.

«La véritable cause de l'inaction face aux changements climatiques est le refus des gouvernements de tenir tête aux lobbys pétroliers et aux manufacturiers automobiles», a déclaré le responsable climat-énergie pour l’organisme, Patrick Bonin.

D’importantes lacunes

Le rapport déposé mardi compile des études menées de novembre 2016 à mars 2018 par les vérificateurs généraux des provinces et des territoires, ainsi que par le vérificateur général du Canada.

Globalement, d’importantes lacunes subsistent un peu partout au pays dans les mesures mises en place par les différents ordres de gouvernement.

«La plupart des gouvernements canadiens n’ont pas évalué les risques posés par les changements climatiques. Ils ne les comprennent donc pas bien et ils ne savent pas quelles actions ils devraient entreprendre», observe le rapport.

La ministre de l’Environnement a défendu l’action de son gouvernement, plaidant que les données étudiées par les vérificateurs généraux étaient dépassées. «C'est un rapport qui regarde plutôt dans le passé. Nous, nous regardons pour le présent et pour le futur», a insisté Catherine McKenna.

Sans nier qu’il restait du travail à faire, la ministre a assuré que des mesures telles que la taxe sur le carbone et les investissements dans le transport en commun permettraient au Canada d’atteindre ses cibles.

Au sein des provinces

Le Québec n’a pas participé à cette étude comparative, car le gouvernement provincial avait déjà mené ses travaux sur la question avant novembre 2016.

Parmi les 12 provinces et territoires pour lesquels des données ont été produites durant la période visée, cinq ont établi des cibles de réduction des GES. De ce nombre, seuls le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont en voie de les atteindre.

Le rapport signale que même dans les provinces qui ont un plan, ce dernier est souvent défaillant et ne précise aucune étape à franchir, aucune date butoir et aucune source de financement pour atteindre les objectifs fixés.

La commissaire note également une coordination limitée dans la lutte contre les émissions de GES entre les gouvernements.

Ce n’est pas la première fois que la commissaire Gelfand presse le fédéral d’agir. Pas plus tard qu’à l’automne 2017, elle constatait que trop peu de mesures avaient été mises en place pour atteindre les cibles de 2030.