/finance/business
Navigation

Aecon forcée de reporter son mariage avec les Chinois

L’entreprise canadienne espère toujours la transaction

REM
Photo courtoisie, CDPQ Infra En février, le PDG d’Aecon, John Beck, s’est dit heureux de travailler avec ses partenaires sur la conception et la construction du projet du Réseau électrique de Montréal. Sur la photo, le plan de la future gare intermodale de l’autoroute 40 de la CDPQ Infra.

Coup d'oeil sur cet article

La firme canadienne Aecon, choisie pour bâtir le Réseau express métropolitain (REM), repousse son mariage avec la chinoise CCCC International Holding Limited en raison de l’enquête de sécurité nationale d’Ottawa.

«Les parties ont choisi de prolonger la date d’échéance en raison de l’examen continu de l’opération proposé en vertu de la Loi sur Investissement Canada», a déclaré Aecon par voie de communiqué, mercredi.

D’un commun accord, Aecon et CCCC International Holding Limited (CCCI) se donnent jusqu’au 13 juillet pour clore la transaction. L’achat d’Aecon par les Chinois est évalué à 1,5 milliard $.

Aecon fait partie du consortium NouvLR chargé de l’ingénierie, de l’approvisionnement et de la construction du train de la Caisse (REM). Dragados, EBC, Pomerleau et SNC-Lavalin sont aussi du nombre.

Mardi, le PDG d’Aecon, John Beck, a dit au National Post que la vente de son entreprise à un groupe étranger aiderait son groupe à rivaliser avec les plus gros joueurs au monde.

Joint par Le Journal, le porte-parole du ministre de l’Innovation Navdeep Bains, Karl Sasseville, n’a pas été en mesure de donner des détails sur le déroulement de l’enquête. «Le processus suit son cours. En raison des clauses de confidentialité prévues par la Loi, on ne peut pas en dire davantage pour le moment», réitère-t-il.

Selon le professeur adjoint en affaires internationales aux HEC Montréal, Pengfei Li, Ottawa fait bien de se pencher sur ce cas. «Il est important que le gouvernement vérifie la transaction», indique-t-il. M. Li dit qu’il faut être vigilant avec «les entreprises étatiques».

Réputation attaquée

Rappelons que la réputation du géant chinois CCCI a été entachée par un scandale de truquage d’appel d’offres aux Philippines. À l’époque, la Banque mondiale lui avait tapé sur les doigts.

La question de l’espionnage sème également l’inquiétude des autorités. Aux États-Unis, des représentants politiques ont prévenu que si Aecon passait aux Chinois, l’entreprise canadienne pourrait ne plus participer à des projets d’infrastructures dans leur pays.