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Lettre ouverte : Vives inquiétudes concernant l’absence de défibrillateurs externes automatisés dans le métro de Montréal

Lettre ouverte : Vives inquiétudes concernant l’absence de défibrillateurs externes automatisés dans le métro de Montréal
Photo d’archives, Charlotte R. Castilloux

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À l'attention de:

Madame Valérie Plante, Mairesse de Montréal
Monsieur Philippe Schnobb, Président du C.A. de la Société de Transport de Montréal


Nous sommes un groupe de médecins et de citoyens qui œuvrons bénévolement au sein de la Fondation Jacques-de Champlain, afin d’améliorer les soins de réanimation en cas d’arrêt cardio-respiratoire (ACR), notamment par l’usage rapide de défibrillateurs externes automatisés (DEA) publics.

Nous avons été à la fois fort surpris et déçus d’apprendre, dans l’article de M. Pascal Dugas-Bourdon, paru le 23 mars dernier dans Le Journal de Montréal, qu’il n’y a qu’un seul DEA disponible pour l’ensemble du réseau de la STM.

Nous estimons qu’une entreprise qui dessert 68 stations, qui couvre un réseau de transport long de 71 km et qui a la responsabilité de la sécurité de 1,25 millions d’usagers par jour ouvrable se doit d’agir en citoyen corporatif responsable. Un seul DEA, qui n’est pas accessible en tout temps, pour un si grand nombre de personnes et un réseau d’une telle ampleur, ne constitue pas, selon nous, une situation acceptable.

Permettez-nous de vous rappeler qu’ici même, dans les rues de Montréal, il s’écoule en moyenne 8 minutes entre un appel au 911 et l’arrivée d’une ambulance sur les lieux d’un incident. Le métro de Montréal présente, de plus, ses propres obstacles qui peuvent ralentir l’arrivée des soins d’urgence auprès de la victime: escaliers, longs couloirs, foule nombreuse à certaines heures. Considérant qu’une personne victime d’ACR voit ses chances de survie diminuer en moyenne de 7% à 10% à chaque minute qui passe sans l’utilisation d’un DEA, une personne victime d’ACR dans le métro de Montréal n’a pas réellement de chances de survie.

La littérature scientifique démontre que les victimes d’ACR qui ont profité de manœuvres de réanimation cardio-respiratoire jumelées à l’usage d’un DEA dès les premières minutes ont d’excellentes chances de survie et reprennent ensuite, pour la plupart, une vie normale, sans séquelles importantes. Compte tenu du fait qu’un DEA peut être utilisé par toute personne, et ce, même sans formation, ces appareils gagnent à être installés dans des lieux fixes, visibles et accessibles à tous. On devrait les voir dans le métro de Montréal à proximité des postes d’assistance.

La Fondation Jacques-de Champlain a mis sur pied, avec l’aide de ses bénévoles et du grand public, un registre provincial des défibrillateurs situés dans des lieux publics. La Fondation a également créé une application mobile gratuite, DEA-Québec, qui géolocalise l’utilisateur et lui indique où est le DEA le plus proche. À ce jour, près de 1 500 DEA y ont été répertoriés dans les lieux les plus divers : écoles, centres sportifs, boutiques, cliniques, arénas, aéroports, etc. Nous serions heureux et rassurés d’y inscrire les DEA du métro de Montréal.

Au Canada, 45 000 ACR surviennent annuellement et jusqu’à 85% de ces incidents ont lieu à l’extérieur d’un centre hospitalier. Un ACR survient donc à toutes les douze minutes au pays. Il s’agit souvent de la première manifestation d’un problème cardiaque sous-jacent. Qui sera le prochain touché?

Nous vous demandons donc, Mme Plante, en tant que représentante de l’autorité municipale, et M. Schnobb, en tant que président de la STM et représentant des clients du transport collectif, de remédier rapidement à cette situation et, ainsi, d’accroître la sécurité des usagers et employés du métro. Ne pas engager d’action positive à cet égard ne serait pas socialement acceptable. Nous sommes disposés à vous rencontrer et à participer à la réalisation de cet objectif.

*Les opinions exprimées dans cette lettre n’engagent que les auteurs et non leurs employeurs, cités à titre de référence uniquement.

François de Champlain, MD, FRCPC
Spécialiste en médecine d’urgence, Centre universitaire de santé McGill
Président-fondateur, Fondation Jacques-de Champlain

Wayne Smith, MD
Médecin d’urgence, Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke
Directeur régional des soins préhospitaliers d’urgence, CIUSSS-CHUS-Estrie
Vice-président, Fondation Jacques-de Champlain

Valérie Homier, MD, MSc DM, FRCPC
Spécialiste en médecine d’urgence, Centre universitaire de santé McGill
Responsable du Projet DEA, Fondation Jacques-de Champlain

Denis DeBlois, PhD
Professeur titulaire, Faculté de pharmacie, Université de Montréal
Administrateur, Fondation Jacques-de Champlain

Joel Neves Briard, BSc
Externe sénior en médecine, Université de Montréal
Responsable des médias sociaux, Fondation Jacques-de Champlain

Laurence d’Amours
Étudiante en médecine, Université Laval
Coordonnatrice du Projet DEA, Fondation Jacques-de Champlain

Daniel Negreanu
Externe Junior en médecine, Université Laval
Coordonnateur adjoint du Projet DEA, Fondation Jacques-de Champlain

Marie-Ève-Lyne Michel, B.A.
Responsable des communications, Fondation Jacques-de Champlain