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Le Canada a accueilli 50 000 demandeurs d’asile l’an dernier, un record

Le Canada a établi une nouvelle marque et le Québec s’est classé au premier rang pour l’accueil de demandeurs d’asile

«Environ 20 000 personnes, majoritairement d’origine haïtienne, ont franchi la frontière irrégulièrement entre le Québec et les États-Unis à Saint-Bernard-de-Lacolle, l’an dernier. Une partie d'entre eux fuyaient la politique de Donald Trump, d'autres arrivaient d'Haïti à la recherche d'une vie meilleure.»
Photo d’archives, Marie-Ève Dumont «Environ 20 000 personnes, majoritairement d’origine haïtienne, ont franchi la frontière irrégulièrement entre le Québec et les États-Unis à Saint-Bernard-de-Lacolle, l’an dernier. Une partie d'entre eux fuyaient la politique de Donald Trump, d'autres arrivaient d'Haïti à la recherche d'une vie meilleure.»

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Le Canada a accueilli 50 000 demandeurs d’asile l’an dernier et le Québec est la province la mieux placée pour profiter de ce nombre d’arrivées record, affirme le Haut-Commissariat des réfugiés.

« La position géographique isolée du Canada ne le met plus totalement à l’écart des mouvements de population qui sont de plus en plus importants », indique Jean-Nicolas Beuze, le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Canada.

<b>Jean-Nicolas Beuze</b><br />
Représentant du Haut-Commissariat
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Jean-Nicolas Beuze
Représentant du Haut-Commissariat

Si le nombre de demandeurs d’asile au Canada a doublé entre 2016 et 2017, c’est en partie dû à l’afflux, l’été dernier, de réfugiés haïtiens venus des États-Unis.

Un épisode particulier et ponctuel, qui ne devrait pas nécessairement connaître d’équivalent dans les prochains mois, selon M. Beuze.

67 millions

« Cette année, on attend 67 millions d’individus déplacés sur la planète, un autre record, explique-t-il. Mais on ne peut jamais vraiment savoir à l’avance vers quels pays se tourneront les personnes. Cela dépend de beaucoup de facteurs. »

Parmi ces facteurs, on peut citer la facilité d’accès et les avantages sociaux offerts aux demandeurs d’asile par les différents pays d’accueil.

Cependant, l’afflux éventuel de nouveaux demandeurs d’asile ne doit pas préoccuper le Canada qui a les moyens et le devoir de les accueillir, selon M. Beuze.

Une chance

« Cinquante mille personnes cela peut paraître beaucoup, mais, à titre de comparaison, l’Allemagne a reçu 700 000 demandeurs d’asile en 2016, rappelle-t-il. Le Canada doit continuer de se montrer solidaire de la communauté internationale. »

M. Beuze pense même que l’arrivée de réfugiés peut-être perçu comme une chance par la nation.

« Le Canada est un pays riche qui vieillit et a besoin de main-d’œuvre, fait-il remarquer. Les réfugiés que l’on accueille aujourd’hui rapporteront plus en taxes que ce qu’ils ont coûté, d’ici 10 à 15 ans. »

Le Québec en bonne position

Si l’accueil de réfugiés représente bien une opportunité, comme le pense M. Beuze, le Québec est la province canadienne la mieux placée pour en profiter dans les prochaines années.

En effet, elle est devenue l’an dernier la province ayant attiré le plus de demandeurs d’asile, soit 24 760, devant l’Ontario.

« Lorsqu’on veut passer la frontière, ce n’est pas évident de le faire en Ontario, car il y a beaucoup de lacs, ni au Manitoba, où il n’y a pas de villes à proximité, explique M. Beuze.

Il ajoute que Saint-Bernard-de-Lacolle n’est qu’à 45 minutes de Montréal.

 

À la recherche d’un pays

Les demandes d’asile au Québec :

  • 2014: 2700
  • 2015: 3010
  • 2016: 4705
  • 2017: 24 760

Dans le monde :

  • 65,6 M de personnes déracinées
  • 22,5 M ayant le statut de réfugiés

Où sont-ils accueillis ?

  • 11 %: Asie et Pacifique
  • 16 %: Amériques
  • 17 %: Europe
  • 26 %: Moyen-Orient et Afrique du Nord
  • 30 %: Afrique

Sources : Gouvernement du Canada et Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés