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Une école primaire sur deux est en mauvais état

L’école primaire Saint-Malo, dans le quartier Saint-Sauveur à Québec, a été bâtie en 1902. C’est la plus vieille école de la Commission scolaire de la Capitale.
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés L’école primaire Saint-Malo, dans le quartier Saint-Sauveur à Québec, a été bâtie en 1902. C’est la plus vieille école de la Commission scolaire de la Capitale.

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Le réseau scolaire compte un nombre record d’écoles vétustes. Plus d’une école primaire sur deux est en mauvais ou en très mauvais état.

C’est ce que révèlent les documents budgétaires rendus publics mardi. En un an, le déficit de maintien d’actifs a bondi de 1,8 à 3,3 milliards $. Seulement 45 % des écoles primaires et 53 % des écoles secondaires sont maintenant en bon état ou dans un état jugé satisfaisant. «L’état des infrastructures s’est considérablement détérioré cette année», peut-on lire.

La détérioration s’explique par l’ajout de travaux de l’ordre de 1,2 milliard $ associés à la «dégradation naturelle» des bâtiments, mais aussi par la bonification du processus d’inspection qui a permis de constater la nécessité de faire des travaux de 800 millions $ qui n’avaient pas encore été répertoriés.

Au ministère de l’Éducation, on indique avoir en main dorénavant une «estimation plus réaliste» de l’état du parc immobilier. Les nouvelles façons de faire ont considérablement changé la donne dans certaines commissions scolaires, explique-t-on. À la commission scolaire de l’Énergie, par exemple, le déficit du maintien d’actifs était nul l’an passé, alors qu’il a grimpé à 38 millions $ cette année, avec le nouveau processus d’inspection.

Le ministère de l’Éducation prévoit par ailleurs que le déficit de maintien d’actifs continuera d’augmenter pendant encore quelques années, en raison du nouveau processus d’inspection des bâtiments et de la capacité limitée de certaines commissions scolaires d’augmenter le rythme des travaux.

«Bilan dévastateur»

La Coalition avenir Québec estime qu’il s’agit d’un «bilan dévastateur» pour le gouvernement Couillard. «Nos écoles sont pires que l’an passé, mais moins pires que l’an prochain. Ça empire chaque année», a dénoncé le député caquiste Jean-François Roberge, lors de la période de questions à l’Assemblée nationale.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, admet qu’il faudra encore beaucoup de temps avant de remettre en état tous les bâtiments scolaires. «On en a pour des années à se débarrasser des écoles vétustes, mais on va y arriver, parce qu’on a des investissements qui vont nous donner des moyens de réussir», a-t-il affirmé, tout en rappelant que les travaux dans les écoles peuvent être réalisés pendant une courte période seulement, entre juin et août.

1 milliard $ pas dépensé

Dans les documents budgétaires, on peut lire qu’un montant de plus de 1 milliard $ est présentement distribué dans les commissions scolaires pour des travaux de rénovation, alors que cette somme n’a pas encore été dépensée. «On ne peut pas inventer des entrepreneurs et faire des travaux au mois de novembre», a laissé tomber le ministre Proulx.

Le budget présenté mardi prévoit 575 millions $ additionnels sur cinq ans pour la rénovation d’établissements scolaires. Le gouvernement Couillard prévoit qu’à ce rythme, toutes les écoles seront dans un état jugé satisfaisant d’ici 2030.