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L’agence Moody’s accorde une bonne note au budget Leitao

Le gouvernement peut se permettre cette hausse des dépenses, dit l’agence de notation

discours budget
Photo Simon Clark Carlos Leitao a prononcé son discours du budget mardi, à l’Assemblée nationale. L’agence de notation américaine Moody’s juge que la « force de l’économie » de la province permet au ministre des Finances d’augmenter de façon significative les dépenses.

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Critiqué de toutes parts au Québec, le budget du ministre Carlos Leitao reçoit l’assentiment de l’agence de notation Moody’s, qui ne s’inquiète pas outre mesure de l’explosion des dépenses en cette année électorale.

« Même si les dépenses sont plus élevées, le gouvernement peut se permettre ces augmentations, compte tenu de la force de l’économie, qui génère également des revenus plus élevés », affirme Michael Yake, vice-président et analyste principal chez Moody’s.

« La province est en mesure de maintenir ses prévisions de surplus continus jusqu’en 2022-2023, ce qui est positif » quant à la cote de crédit du Québec, ajoute M. Yake dans une note d’analyse sur le budget.

Moody’s calcule que les excédents du gouvernement du Québec représenteront en moyenne 2 % des revenus d’ici 2022-2023, « une situation relativement solide par rapport à la plupart des provinces canadiennes ».

Michael Yake voit d’un bon œil la décision du gouvernement de puiser 2 milliards $ dans le Fonds des générations, qui est notamment financé par des redevances hydrauliques, pour réduire ses emprunts sur les marchés financiers. « Cela réduira le service de la dette de la province au moment où l’on s’attend à ce que les taux d’intérêt augmentent, ce qui constitue un autre élément positif », estime le spécialiste.

Santé et éducation

Moody’s ne bronche même pas sur la hausse importante des dépenses en santé (+4,5 %) ainsi qu’en éducation et en culture (+5,4 %). « L’augmentation des dépenses devrait aider les institutions du secteur public comme les hôpitaux et les universités à améliorer leurs profils financiers après avoir subi d’importantes restrictions et réductions budgétaires », écrit l’agence.

Les analyses de Moody’s et des autres agences de notation sont suivies de près par les investisseurs, plus particulièrement ceux qui achètent des obligations émises par les gouvernements et les entreprises.

Jeudi midi, le ministre Leitao a défendu son budget devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il a attiré l’attention sur le fait que le gouvernement compte désormais obliger les entreprises canadiennes à percevoir la TVQ lorsqu’elles vendent des biens à des Québécois, et ce, même si elles n’ont pas de présence au Québec. Pour y parvenir, Revenu Québec devra obtenir la collaboration d’Ottawa et des autres provinces, a-t-il convenu.

« Projet pilote »

Carlos Leitao est par ailleurs resté vague quant au fonctionnement précis d’un « projet pilote » qui prévoit que l’Agence des services frontaliers accroîtra ses efforts pour percevoir la TVQ sur les colis transitant par le centre de tri de Postes Canada à Montréal.

« Il y aura de nouveaux moyens technologiques, de nouvelles ressources humaines », s’est limité à dire le ministre, en assurant que les coûts seront entièrement assumés par Ottawa.

LE BUDGET EN BREF

0,8 %
Taille du surplus budgétaire prévu en 2018-2019 en proportion des revenus du gouvernement
 
2,2 %
Hausse des revenus du gouvernement prévue en 2018-2019
 
12,8 milliards $
Somme accumulée dans le Fonds des générations
 
Sources : Moody’s, ministère des Finances du Québec