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Le Casino, Stevenson, Staub et Beauchamp

Il semble bien que le combat devant opposer Adonis Stevenson (photo) à Badou Jack le 19 mai n’aura pas lieu.
Photo d’archives, AFP Il semble bien que le combat devant opposer Adonis Stevenson (photo) à Badou Jack le 19 mai n’aura pas lieu.

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Une journée folle comme on les aime dans le métier. Un feu roulant. Je revenais du Casino de Montréal hier quand Donald Beauchamp m’a appris la nouvelle de sa démission comme vice-président du Canadien.

Entre-temps, j’avais appris la mort de Rusty Staub, que Carey Price et Brendan Gallagher refusaient d’aller prêter main-forte à l’équipe nationale du Canada au Championnat du monde, et au Casino, tous les indices que je recueillais me faisaient croire que le combat entre Adonis Stevenson et Badou Jack était compromis.

Tu commences par quoi quand le buffet de la journée est aussi copieux ?

Le casino et la boxe

Donc, j’étais au Casino. Pour la conférence de presse de Camille Estephan et d’Eye of the Tiger Management. La brochette de boxeurs à l’avant-scène était très impressionnante. Ça incluait Steven Butler et Custio Clayton et il manquait l’imposant poids lourd Adam Braidwood, qui devrait affronter Simon Kean quelque part en juin.

Soit à Shawinigan, soit à Québec, soit à Laval. Mais c’est signé et confirmé.

L’homme le plus heureux au casino était sans doute le directeur Éric Rufer. Le Groupe Yvon Michel présentait déjà des soirées de boxe au Cabaret du Casino, mais cette fois, Eye of the Tiger Management hisse la barre à un autre niveau.

« Nous n’avions pas de contrat d’exclusivité avec GYM. D’ailleurs, nous allons poursuivre notre collaboration. Mais j’avoue que cette fois, c’est autre chose », a noté M. Rufer.

On a passé de belles soirées de boxe au casino dans le passé. Mais avec Steven Butler, Custio Clayton et Adam Braidwood, sans parler des Kazaks d’Anna Reva, on s’offre un gala qui pourrait facilement être présenté dans une salle de 5000 sièges.

Visiblement, Camille Estephan vise un grand coup et compte sur sa chaîne de télévision Punching Grace pour faire ses frais.

Faut vous dire que j’adore les soirées au Casino. La boxe et son côté voyou et film noir et un casino, ça va ensemble. Ce n’est pas pour rien que Las Vegas est la capitale américaine de la boxe. Tous les chanceux qui peuvent trouver des billets sont proches du ring et participent à l’action comme s’ils étaient ringside « VIP » au Centre Bell. J’en parle pour rien puisque tous les tickets sont vendus et qu’il n’y a plus moyen de même faire accréditer un journaliste de plus.

Stevenson et Jack ?

C’est reparti mon kiki. Voilà que le combat entre Badou Jack et Adonis Stevenson n’est plus à l’affiche au Centre Bell le 19 mai. On chuchote que Stevenson n’a toujours pas signé son contrat. Yvon Michel, qui d’habitude prend la peine d’expliquer les situations les plus complexes aux journalistes, est sans nouvelles depuis une semaine. Ce qui est encourageant, c’est que Showtime a confirmé à TVA Sports que le combat du 19 mai est toujours affiché à la programmation.

Si Showtime le veut...

Mais Yvon Michel a toujours soutenu qu’un bon promoteur avait besoin d’une dizaine de semaines pour qu’un combat atteigne son plein potentiel de ventes. On va être le 1er avril dans quelques jours et si on fait le décompte, on arrive à moins de sept semaines du 19 mai. Va falloir que Floyd Mayweather vienne souvent en ville pour vendre Badou. Ouf !

Staub, un petit morceau de Montréal

Je n’ai pas connu Rusty Staub dans sa grande époque avec les Expos. Je l’ai rattrapé à son retour à Montréal dans les années folles des Carter, Valentine, Cromartie et compagnie.

Et j’ai eu le plaisir de le revoir souvent à New York après sa retraite. « Le Grand Orange » était la définition même d’un gentleman. Valérie Plante a eu raison de prendre quelques minutes pour souligner que Montréal était en deuil d’un athlète qui laissait de beaux souvenirs.

Lui avait compris que les fans méritaient qu’il apprenne leur langue et soit au moins capable de communiquer l’essentiel avec eux. Je ne sais pas pourquoi, mais on aurait dit que la voix de Jacques Doucet lui permettait de mieux comprendre la langue de Guy-A. Lepage. Sans doute que la voix de « Groucho » portait mieux et qu’il articulait mieux qu’un Saguenéen.

Beauchamp : un gros départ

Donald Beauchamp était ému quand on s’est parlé hier en début d’après-midi. Ça fait 30 ans qu’on se connaît. Il m’a expliqué qu’il songeait à quitter son poste depuis l’été dernier et qu’à 56 ans, il avait le goût de passer plus de temps avec son gars Émile, qui a maintenant 14 ans, et de voir venir l’avenir.

D’autres, et ils sont nombreux, ont fait le lien entre la promesse de Geoff Molson de faire des changements et le départ de Beauchamp. Ils ont peut-être raison, ça se peut que le ménage soit commencé.

Mais ce n’est pas ça qui m’importe aujourd’hui. Que j’aie été d’accord ou pas avec Donald Beauchamp selon les circonstances, j’ai toujours respecté cet homme aimable et dévoué. Et quand j’ai eu besoin d’aide pour préparer des dossiers ou des chroniques, j’ai été servi et fort bien par sa grande efficacité.

Mais mes besoins n’étaient pas ceux des journalistes de beat et des reporters au quotidien. Ni des stations de radio indépendantes et des médias qui ne sont pas inféodés au Canadien par des contrats de télé ou de radio. Et je savais que le système implanté par M. Beauchamp ne fonctionnait plus du tout.

Encore bien pire, j’apprenais hier que Marc Bergevin aurait même eu un conseiller personnel en communications et relations publiques. On parle de Martin Spalding, de Bell Média. Sans doute un ami. Mais comme je n’ai pas eu le temps de valider avec une deuxième source, je vous livre l’info avec une certaine réserve.

Donald Beauchamp quitte un gros poste qui force un homme à travailler sous une pression énorme et constante. Chose certaine, il était fatigué de gérer les problèmes qu’on pelletait dans sa cour. Il l’avait mentionné à des amis il y a déjà deux mois. Il est parfaitement bilingue, il a des contacts sur la planète entière, incluant l’Antarctique, je ne suis pas inquiet pour sa famille.

C’est une très bonne personne.

Un homme honnête dans une job impossible.