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Un antipatriote retiré pour de bon à Chambly

<b>Nicolas Bourgault</b><br />
Commerçant
Photo courtoisie Nicolas Bourgault
Commerçant

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CHAMBLY | Le nom d’un lieutenant-gouverneur britannique qui a brûlé des villages et condamné 12 patriotes à la pendaison en 1838 sera retiré définitivement de la Ville de Chambly, le 16 avril, malgré la colère des citoyens.

La Commission de toponymie du Québec a donné le feu vert mercredi à Chambly pour retirer la rue et le parc Colborne, tous deux nommés en l’honneur du lieutenant-gouverneur britannique Sir John Colborne.

L’annonce a eu l’effet d’une bombe pour des citoyens. Certains n’entendent pas rester les bras croisés.

« Nous avons une pétition de 2000 signatures qui s’opposent à la motion de la Ville de Chambly. Cela ne fera que provoquer une confusion pour les visiteurs, sans parler de l’important pan historique qui est retiré », a fait savoir le résident Patrick Dufresne.

Pertes financières

La Ville en profite en plus pour déplacer le nom de la rue Ostiguy. Outre les habitants de ces rues, les commerçants estiment être lésés financièrement par le changement d’adresse.

Copropriétaire de la brasserie artisanale Bedondaine et Bedons ronds située sur la rue Ostiguy, Stéphanie Lamarche n’a pas caché sa frustration quant aux coûts qu’elle devra débourser.

« Ce sont des milliers de dollars que ça va nous coûter. Il est trop tôt pour avancer un chiffre. La Ville nous a rencontrés pour évaluer les coûts, mais je doute qu’on nous paie la totalité », a expliqué Mme Lamarche, qui gère la brasserie avec son conjoint, Nicolas Bourgault, depuis 14 ans.

68 adresses touchées

« On va devoir modifier nos publicités, le lettrage de nos camions, changer notre adresse auprès de nos fournisseurs, et plusieurs autres démarches coûteuses. Le temps et l’énergie déployés n’étaient pas nécessaires », a expliqué M. Bourgault.

Selon le maire de Chambly, Denis Lavoie, ce changement qui touche au total 68 adresses était plus que nécessaire.

« Je ne crois pas qu’il y ait une rue Hitler en Allemagne, même si c’est une importante partie de l’Histoire. Je suis de ceux qui ne veulent pas glorifier un homme qui a brûlé femmes et enfants dans des églises », a-t-il ajouté en faisant référence à Sir Colborne, qu’on surnomme le « Vieux brûlot ».