/news/society
Navigation

Les soeurs quittent leur île

1900

Avant Après
Photo courtoisie archives de la Ville de Montréal, BM42-G0170.
Photo Pierre-Paul Poulin

Coup d'oeil sur cet article

Le manoir de l’île

Ce beau manoir de pierre semble être fait pour résister longtemps aux outrages du temps. Et pourtant, on n’en trouve plus trace aujourd’hui sur l’île qu’on connaît sous le nom d’île des Sœurs. Les sœurs de la congrégation de Notre-Dame deviennent propriétaires de l’île entière en 1769. Elles font bâtir le manoir en 1790. Les religieuses y mènent les affaires de leur ferme qui compte alors 35 bêtes à cornes. Difficile à croire, mais l’île aura été une grande terre agricole jusqu’aux années 1970. Malgré les inondations printanières et les fréquents incendies, l’île fournit à la communauté tout ce qu’il lui faut pour subsister. En 1916, elle produit 4412 livres de porc, 5340 livres de bœuf, 1402 livres de veau, 17 152 gallons de lait, 3758 livres de beurre, 298 volailles et 132 douzaines d’œufs ! Les Sœurs produisent aussi du lin, du sirop d’érable, des fruits de leur verger, et emploient une vingtaine de personnes pour les aider aux travaux agricoles et à l’entretien.

La Congrégation de Notre-Dame

Ces quelques religieuses prennent pour la dernière fois, en ce 20 mai 1957, le bac qui les ramène vers Montréal. Avant la fin du mois, elles auront toutes quitté définitivement l’île, vendue à des promoteurs immobiliers, et vivront désormais dans leur maison-mère, rue Sherbrooke. Elles sont parmi les dernières à porter leur uniforme traditionnel, car c’est aussi l’époque où leur costume se laïcise. Beaucoup de Québécoises auront usé les bancs des collèges des Sœurs de Notre-Dame ! Mais il faut rappeler les débuts aussi modestes qu’héroïques de la première congrégation religieuse fondée en Nouvelle-France. Sa fondatrice, Marguerite Bourgeoys, 33 ans, arrive à Ville-Marie par la recrue de 1653, celle qui permettra à la petite bourgade de devenir une vraie ville. À la maison Saint-Gabriel, dans leurs écoles et leurs collèges, la mission de la congrégation aura toujours été d’éduquer les jeunes filles de la colonie, françaises ou amérindiennes, et même éventuellement anglaises et irlandaises !

L’île des Sœurs est à Verdun !

Photo courtoisie archives de l’arrondissement de Verdun, 033-06.

 

Tout juste en face de la Pointe-Saint-Charles et non loin de la maison Saint-Gabriel, l’île Saint-Paul, avec son terrain immense, fait l’objet des convoitises de nombreux acheteurs. Avant les sœurs, l’île a appartenu à quelques grands noms de Nouvelle-France : Jean de Lauzon et Jacques Leber, entre autres, seront propriétaires. Plus tard, vers les années 1860, c’est la municipalité de Verdun qui tente de taxer le bien immobilier des sœurs. À la suite d’un appel fait par les religieuses au gouvernement du Québec, l’île est détachée de Verdun et devient indépendante en 1899. C’est en 1956 que les religieuses vendront finalement leur île à un promoteur immobilier qui négocie pour en annexer le territoire à la municipalité de Verdun, qui n’est pas encore fusionnée à Montréal, à l’époque. Elle prendra son nom actuel à cette occasion, alors que plus personne ne l’appelle île Saint-Paul...

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.