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Une autre approche de l’environnement

Le Danemark produit bien plus de porc que le Québec malgré un territoire plus petit. Sommes-nous paralysés par l’environnement.
Photo Mario Dumont Le Danemark produit bien plus de porc que le Québec malgré un territoire plus petit. Sommes-nous paralysés par l’environnement.

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Au terme d’une semaine au Danemark, j’ai été à même de constater la façon de vivre d’un pays qui a à cœur l’environnement. Vous serez peut-être surpris d’apprendre que ce petit pays d’Europe est un énorme producteur de porc. Au Québec, on nous a tellement martelé que cette production constitue une tare pour l’écologie.

Voici les chiffres. Le Québec a un territoire 24 fois plus grand que le Danemark. Vous me direz que le Grand Nord québécois ne compte pas si l’on parle d’agriculture. Disons que le territoire agricole québécois est deux fois et demie celui du Danemark.

Pourtant le Danemark produit quatre fois plus de porc annuellement que le Québec. On y abat annuellement 28 millions de têtes alors que chez nous, ce chiffre se limite à 7 millions. À l’exportation, on pourrait estimer facilement à près de 5 milliards $ la valeur monétaire de ventes supplémentaires qui serait générée si nous produisions le même nombre de porcs.

Ces 5 milliards $ n’incluent pas toutes les retombées de l’activité économique supplémentaire qui serait générée par une telle croissance. Des taxes municipales supplémentaires, des communautés rurales revitalisées, les bénéfices sont nombreux lorsqu’on compte en milliards.

Comment le Danemark a-t-il réussi l’exploit de produire quatre fois plus que nous sur un territoire deux fois et demie plus petit ? Pourtant, nous avons l’impression qu’au Québec la production porcine est allée à l’extrême limite. Il y a eu des moratoires du gouvernement pour stopper la croissance prétendument envahissante. Nous avons assisté aux manifestations contre la multiplication des « mégaporcheries ».

Comment ?

Je comprends ici que le Danemark a développé les technologies parmi les plus avancées pour l’élevage porcin. Pour gérer l’alimentation, les déjections et les odeurs, on a investi dans des méthodes qui sont citées en exemple partout dans le monde.

Ils sont des leaders dans tous les aspects de l’élevage de demain : la génétique, la réduction des antibiotiques, le bien-être animal autant que dans la gestion écologique de la production. Ils ont même atteint le premier rang mondial quant au nombre de porcelets nés d’une même truie. Tellement qu’en plus de leurs 28 millions de bêtes abattues, ils vendent des petits cochons aux pays voisins pour leur élevage.

L’une des clés, c’est que leur ministère de l’Environnement ne s’est pas contenté de mettre des interdictions. Il a investi avec les producteurs dans la recherche et l’amélioration des processus. Il fait partie des solutions plutôt que des problèmes.

Notre ministère paralysant

Chez nous, le ministère de l’Environnement agit comme le policier qui bloque la route les bras croisés et qui regarde dans l’autre direction. Tu ne passeras pas ! NON ! Pas le droit de faire ceci !

Le ministère de l’Environnement du Québec crée un problème au nom de la vertu et laisse les autres se débrouiller avec les conséquences. Il ne fait pas partie de la solution. Les agriculteurs avec les pesticides : nouvelle façon de faire, sortez votre chéquier et arrangez-vous. Milieux humides sur les terrains de Molson à Longueuil. Payez deux millions et tant pis !