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La star de l’école

Éducation physique
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Je suis jalouse. J’aurais aimé être la vedette rock de l’école. Être un genre de Justin Timberlake. Comme monsieur Maxime. Lui, il l’a l’affaire. Ses vêtements. Sa démarche. Mes garçons veulent être son ami. Mes filles le trouvent drôle sans bon sens. Quand monsieur Maxime circule dans le corridor de l’école, les enfants n’en finissent pas de simagrées et de pirouettes.

Pour attirer son attention. Avoir un bonjour. Mes élèves apprennent assez vite l’horaire de classe par cœur. Et s’en parlent dans le rang le matin. « Yes ! Jour 8. On a de l’éduc, aujourd’hui ! »

M. Maxime est prof d’éducation physique.

DES DÉCIBELS ET DE L’ÉNERGIE

La semaine dernière, j’avais à compléter une grille d’observation comportementale commandée par le médecin de famille de l’un de mes élèves. Je suis allée faire un tour au gymnase. Pour voir mes élèves dans un contexte autre que celui de la classe. C’est drôle voir mes élèves dans leurs vêtements de sport.

Surtout au printemps ! Ils ont les mêmes culottes courtes qu’en septembre, sauf qu’ils ont grandi de 4 pouces. Et un t-shirt froissé. Qui leur arrive en haut du nombril.

Après cinq minutes, je saignais des oreilles : les élèves jouaient au basket. 26 ballons qui rebondissent. Sur le plancher. Le mur. L’anneau du panier. La tête de Simon.

Des espadrilles qui couinent sur le sol.

Je m’attendais à entendre hurler.

Pas du tout.

Pour des raisons de santé mentale, M. Maxime a instauré des règles claires quant aux cris dans le gymnase. Et elles fonctionnent.

Mais le niveau de bruit outrepassait mon seuil de tolérance quand même.

Monsieur Maxime passe vraiment ses journées à travers autant de mouvements ? D’étourdissants va-et-vient d’élèves.

Qui courent, sautent, gambadent, se roulent par terre, foncent dans le gros matelas bleu ?

Des bébés chimpanzés. Qui passent d’une liane à l’autre.

Ou qui s’épouillent dans un coin, tranquilles.

LE GYM : UNE CLASSE EXPOSANT 10

Épatant de voir interagir M. Maxim avec mes élèves gigoteux. Qui deviennent des élèves très gigoteux en éduc.

Et c’est tant mieux. C’est la place.

M. Maxim vit aussi avec ces bibittes survoltées dans son gymnase. Qui grimpent sur les murs. Pour vrai.

Mais aussi mes plus passifs. Qui ont peine à lacer leurs espadrilles et botter un ballon.

Ou qui, au contraire, se transforment. Prennent vie.

J’oublie aussi que la TES qui vient dans ma classe quelques périodes par semaine ne va jamais dans le cours de M. Maxime pour l’appuyer.

Parce que nous priorisons le contexte de classe plutôt que celui du gymnase pour utiliser ses précieux services.

Mes grands partent vers les vestiaires pour laisser place aux élèves du cours qui suit.

Les amis de la maternelle arrivent. En vêtements sports eux aussi. Avec leurs petites pattes blanches sautillantes et maladroites.

Je souris au Justin Timberlake de l’école en partant avec ma gang d’essoufflés, suants et odorants.

Mais plus disposés à travailler.

J’ai presque le goût de lui demander un autographe...