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Prêts et bourses amputés par une pension alimentaire

Une «aberration» pour une étudiante monoparentale

L’étudiante à la maîtrise Sylvie Côté, que l’on voit ici dans son bureau à l’Université Laval, dénonce que la pension alimentaire versée à son fils soit prise en compte dans le calcul des prêts et bourses.
Photo Jean-François Desgagnés L’étudiante à la maîtrise Sylvie Côté, que l’on voit ici dans son bureau à l’Université Laval, dénonce que la pension alimentaire versée à son fils soit prise en compte dans le calcul des prêts et bourses.

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«Les prêts et bourses du gouvernement détournent la pension alimentaire de mon fils. C’est 100 $ de moins dans mon épicerie chaque semaine», dénonce Sylvie Côté, étudiante à la maîtrise et mère monoparentale d’un adolescent de 15 ans.

Même si la pension alimentaire n’est pas imposable, elle est considérée comme un revenu dans le calcul des montants accordés aux étudiants par l’aide financière aux études, après une exemption de 1200 $ par enfant à charge.

Une «aberration» qui prive Mme Côté de 5000 $ de bourse par année, a-t-elle calculé. «C’est énorme, lance-t-elle. Pourtant, la pension alimentaire, ça appartient à l’enfant, pas au parent.»

Privée de cette somme, Mme Côté a dû faire plusieurs sacrifices pour poursuivre ses études à temps plein au cours des dernières années.

Joindre les deux bouts

Pour joindre les deux bouts, elle a notamment dû retirer ses fonds de retraite, accumulés lors de précédents emplois. Ses difficultés financières lui ont causé aussi beaucoup d’anxiété, relate-t-elle. Or, malgré ces sacrifices, Mme Côté ne voulait surtout pas abandonner ses études.

«Quand je me suis séparée du père de mon fils, je me suis retrouvée sur l’aide sociale. Je ne voulais pas ça. Il fallait que je retourne aux études», explique-t-elle. Amoureuse des enfants, elle a d’abord obtenu une attestation d’études collégiales en éducation à l’enfance, où on l’a fortement encouragée à poursuivre des études universitaires.

Après avoir obtenu un baccalauréat en psychoéducation, Mme Côté est maintenant sur le point de terminer sa maîtrise en psychopédagogie, malgré ses difficultés financières. De son côté, l’Association des étudiants-parents de l’Université Laval dénonce aussi la situation.

Désavantage

Dans un mémoire rédigé récemment, l’association fait la démonstration qu’une séparation désavantage financièrement un étudiant-parent qui reçoit des prêts et bourses.

Un étudiant pourrait être forcé de demeurer en couple ou de tolérer une situation malsaine pour préserver sa sécurité financière pendant ses études, peut-on lire. «Pour nous, il s’agit d’une pression inacceptable», ajoute-t-on.

Au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, on précise que les revenus de pension alimentaire sont pris en compte dans le calcul puisque les frais de subsistance de l’étudiant et de ses enfants font aussi partie de l’équation. L’aide supplémentaire accordée aux étudiants monoparentaux a par ailleurs été bonifiée en 2017-2018, souligne-t-on.