/misc
Navigation

USA: pays d’une violence inouïe

Thousands Join March For Our Lives Events Across US For School Safety From Guns
AFP

Coup d'oeil sur cet article

La violence d’un pays dit libre et démocratique

En 2017 aux États-Unis, le royaume de la démocratie et de la liberté autoproclamée, il y a eu: environ 300 fusillades de masse; 12 000 personnes tuées à cause d'armes, soit plus de 30 par jour; 20 000 suicides avec une arme à feu, et chaque année 15 000 enfants sont tués ou blessés par balles. Il s'agit de loin du pays occidental le plus violent avec sa multitude d’évangélistes à gogo, dont certains ont souhaité l’assassinat de politiciens étrangers comme Hugo Chavez et Fidel Castro. Méchants représentants de Dieu, qui comme George W. Bush et ses sbires, des républicains et des adeptes du Tea Party d’extrême droite, interprètent la Bible à leur façon très intéressée et très égoïste: «Robertson (un célèbre télévangéliste) appelle à assassiner Chavez» (Le Soleil, 24 août 2005). Et on ne parle même pas des Américains emprisonnés, un autre exploit USA.

Ah oui, juste du 1er au 24 janvier 2018 (même pas un mois): «Déjà 11 fusillades dans des écoles américaines» (Le Journal de Montréal, 25 janvier 2018). Et autre nouvelle macabre: «Près de 1000 personnes abattues par les policiers américains en 2017» (Le Journal de Montréal, 9 janvier 2018). C’est pire qu'au temps du Far West.

Trump veut des enseignants armés

Complètement ridicule et pleine d’hypocrisie, la position privilégiée du président des États-Unis, le seul et unique (malheureusement il y en a d’autres comme lui dans le monde) Donald Trump qui veut armer les enseignants afin de supposément réduire à pas grand-chose les fusillades dans les écoles américaines. Attitude compréhensible d’un individu qui s’est toujours vanté d’être l’ami de la puissante National Rifle Association (NRA) qui le finance à coups de millions de dollars chaque année et qui a toujours été favorable à la vente libre d’armes à feu: «Trump se dit prêt à envisager le port d’arme pour les enseignants» (Le Journal de Montréal, 21 février 2018). Monsieur Trump est dans la même ligne de pensée que la NRA qui depuis toujours veut: «Un “type gentil” (un garde) et armé dans chaque école» (Le Devoir, 22 décembre 2012).

Aimeriez-vous voir vos enfants ou vos petits-enfants devant un professeur armé à l’école? Tout à fait incroyable qu’on en soit rendu aux States à débattre sur le pour et le contre des professeurs armés à l’école primaire et secondaire. Déjà des firmes privées aux États-Unis offrent depuis plusieurs années des cours de «formation» de tir aux professeurs et des «formations» de contre-attaque aux enfants. À cet effet, je vous recommande l’excellent dossier colligé par Marie-Joëlle Parent et publié le 16 septembre 2013 dans Le Journal de Montréal: «Enseignants armés. La formation des professeurs» et «Des élèves entraînés à contre-attaquer». Laissez faire les sorties en forêt et l’observation de la faune et de la flore à nos enfants.

Bientôt, si la tendance se confirme, il va y avoir des cours obligatoires sur le maniement des armes intégrés au programme de formation universitaire des enseignants.

Sourd aux recommandations de l’ONU

«Un contrôle des armes insuffisant (aux États-Unis) selon l’ONU» (Le Journal de Montréal, 15 juin 2016). Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein l’a bien dit: «Les États-Unis doivent “adopter des mesures robustes de contrôle des armes pour empêcher d’autres meurtres”.» Plutôt que de vouloir vraiment résoudre le problème, Trump et ses semblables proposent des solutions qui amèneront plus de gens à s’armer et ainsi à accroître toujours plus le nombre de fusillades.

Déjà que depuis plusieurs années des universités américaines autorisent leurs étudiants et leurs professeurs à être armés: «L’Utah autorise les armes à feu sur ses campus» et «Apportez vos armes en classe (à l’université) au Texas» (Le Journal de Montréal, 1er mai 2007 et 18 février 2016). Franchement, me voyez-vous donner mes cours à l’UQAM avec mon gun chargé à la ceinture devant des étudiants avec leur pistolet sur leur pupitre?

La NRA américaine veut s’étendre au Canada

Si c’est bon pour les États-Unis, ça serait évidemment bon pour le Canada. Ainsi, le lobby canadien des armes à feu suggère de faire comme aux States: «Des membres veulent des gardes armés dans les écoles» (Le Devoir, 6 mai 2013). Et la paranoïa gagne les dirigeants de plusieurs écoles du Québec qui «tiennent des exercices de confinement pour préparer leurs élèves à la menace d’une intrusion armée» (La Presse, 17 avril 2014). Les directeurs n’ont pas en tête de meilleures activités pour nos enfants? Qu’ils gardent ces exercices pour eux.

Les enfants armés

Aux États-Unis, la NRA propose une application de jeu vidéo pour iPhone où on peut s’entraîner à tirer dès l’âge de 4 ans (La Presse, 18 janvier 2013). Tout simplement merveilleux d’initier ainsi nos enfants aux vraies choses de la vie. Très bon pour leur développement intellectuel.

Tiens, vous voulez rire jaune? Eh bien, leurs affaires de fusil aux jeunes, ça donne des gestes dramatiques comme: «Un enfant de 6 ans apporte un revolver à la maternelle et blesse accidentellement deux de ses camarades» ou encore «Un écolier bien armé. Un enfant de 7 ans qui avait un pistolet dans son sac à dos à l’école primaire» (La Presse, 20 avril 2011 et Le Devoir, 18 janvier 2013). Ou peut-être aimez-vous mieux cette nouvelle? : «Un Américain de 5 ans abat sa petite sœur avec son propre fusil» (La Presse, 3 mai 2013).

Des drôles plates pour finir

Le port d’armes légalisé aux États-Unis, ça donne des histoires invraisemblables comme celles-ci que j’ai retrouvées dans mes vieux papiers:

— Église aux Wisconsin avec une affiche du genre: «Prière de laisser votre arme à l’entrée» (Le Devoir, 2 novembre 2011). À l’entrée... près du crucifix, peut-être.

— «New Hampshire. Un fusil gratuit à l’achat d’une voiture» (Le Journal de Montréal, 20 juin 2016). Et à l’achat d’une maison?

— «Un jeu vidéo propose de tuer des Mexicains entrant clandestinement aux É.-U.» (Le Journal de Montréal, 27 avril 2006). Alors le mur envisagé par Trump devient superflu!

— «États-Unis. Iowa! Les aveugles peuvent détenir une arme à feu» (Le Journal de Montréal, 10 septembre 2013). Aux States, la discrimination se pratique ailleurs.

— «Target demande à ses clients de laisser leurs armes à la maison» (La Presse, 3 juillet 2014). Target demande aux gens de laisser leurs fusils à la maison, mais leur permet d’en acheter dans leurs magasins.