/entertainment/movies
Navigation

La Bolduc: à la hauteur des attentes

Debbie Lynch-White excelle autant dans les scènes dramatiques que dans les numéros musicaux.
Photo courtoisie Debbie Lynch-White excelle autant dans les scènes dramatiques que dans les numéros musicaux.

Coup d'oeil sur cet article

Quand elle était au sommet de sa gloire, dans les années 1930, La Bolduc remplissait les salles de spectacles du Québec et vendait des disques par milliers. Plus de 77 ans après sa mort, la célèbre chansonnière revit au cinéma dans un film à son image : un drame biographique émouvant et rassembleur qui a tous les atouts pour rejoindre un large public.

La femme derrière le mythe

Tout le monde, ou presque, connaît La Bolduc pour avoir déjà entendu ou turluté ses chansons les plus connues. Or, le film réalisé par François Bouvier (Paul à Québec) brosse le portrait de la femme qui se cache derrière le mythe. La Bolduc relate le parcours tumultueux de Mary Travers, alias La Bolduc, cette Gaspésienne qui a réussi à sortir sa famille de la misère en devenant une chanteuse à succès – et la voix d’un peuple – à l’époque sombre de la Grande Dépression.

Magistrale Debbie Lynch-White

Il n’y a pas de rôle plus casse-gueule pour un acteur que celui d’incarner une figure légendaire à l’écran. Mais Debbie Lynch-White relève ce défi haut la main. L’actrice de 32 ans se surpasse dans le rôle de La Bolduc, incarnant une Mary Travers à la fois humaine et attachante. Totalement investie par le personnage, elle excelle autant dans les scènes dramatiques que dans les numéros musicaux et les moments où La Bolduc transmet sa joie de vivre et sa bonne humeur contagieuse.

Une belle reconstitution historique

C’est un petit exploit qu’a réussi à accomplir le réalisateur François Bouvier en tournant ce film d’époque avec un budget très limité (5,7 M$). Chaque aspect de la reconstitution historique a été traité avec soin, des décors reproduisant le Montréal des années 1920 et 1930 aux costumes et accessoires d’époque. Grâce à la magie des effets visuels, le film ressuscite même le vieux tramway de Montréal. Du beau travail.

Excellente distribution

Si la réussite du film repose en grande partie sur le jeu de Debbie Lynch-White, le reste de la distribution s’avère aussi convaincant. Émile Proulx-Cloutier se révèle particulièrement touchant dans la peau du mari de La Bolduc qui est complètement dépassé (voire humilié) par le succès et la réussite de sa femme.

Trop convenu

Suivant le modèle d’un drame biographique conventionnel, La Bolduc adopte une forme très classique tant sur le plan visuel que narratif. L’histoire est bien racontée et s’intéresse autant aux moments de bonheur et de gloire du personnage qu’à ses zones d’ombre et ses périodes difficiles. Mais on aurait aimé voir un peu plus d’audace dans le scénario et la réalisation, qui demeurent trop convenus. Aussi, c’est une bonne idée d’avoir exploité le côté féministe de La Bolduc mais la comparaison avec le travail de la militante Thérèse Casgrain semble tirée par les cheveux.

LE VERDICT

Les attentes étaient élevées mais le cinéaste François Bouvier a réussi à les combler en signant un film solide et bien maîtrisé qui s’appuie sur une performance magistrale de Debbie Lynch-White. La Bolduc s’inscrit dans la lignée des autres drames biographiques qui ont été faits sur de grandes figures légendaires du Québec comme Louis Cyr et Maurice Richard. Une belle réussite. Et un succès assuré au box-office.

  • La Bolduc (3,5/5)

Un film de François Bouvier

Avec Debbie Lynch-White, Émile Proulx-Cloutier et Serge Postigo. À l’affiche vendredi.