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Les péquistes sont en cri**e

Gabriel Nadeau-Dubois n'en croit pas ses yeux pendant l'annonce de la candidature de Vincent Marissal dans Rosemont
Photo Chantal Poirier Gabriel Nadeau-Dubois n'en croit pas ses yeux pendant l'annonce de la candidature de Vincent Marissal dans Rosemont

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Vincent Marissal n’a pas pu résister à l’appel du service public. Du moins, c’est l’argument qu’il présentait sur les ondes de Radio-Canada pour expliquer sa soudaine motivation à entrer en politique.
 
Non seulement il choisit de faire le saut du côté des politiciens, mais il le fait sous la bannière du parti le plus à gauche du spectre politique québécois : Québec solidaire.
 
Une vocation tardive qui fait douter
 
Lors de la conférence de presse annonçant cette candidature vedette, même Gabriel Nadeau-Dubois semblait surpris de la chance qui s’abat littéralement sur son parti. Dans les salles de presse comme au sein des formations politiques, tout le monde semble avoir des difficultés à comprendre ce qui vient de se passer. Quand monsieur Marissal parle de convictions profondes et de longue date, la majorité des observateurs politiques se retient de pouffer de rire.
 
Pour la petite histoire, Vincent Marissal a quitté La Presse en claquant la porte au mois de juin 2017, après une apparente rétrogradation. C’est à ce moment qu’il a dû se trouver une nouvelle occupation, un nouveau gagne-pain. De son propre aveu, il n’avait jamais milité ou même possédé une carte de membre d’un parti politique. 
 
En septembre de la même année, Marissal joignait les rangs du cabinet de relations publiques TACT Intelligence-conseil. Visiblement, cette collaboration n’était pas le premier choix de carrière du nouveau candidat QSiste. Il dévoile sans gêne avoir eu des discussions avec plusieurs partis politiques dés son départ du journal. De son propre aveu, il était en contact, voire en négociation, avec Québec solidaire depuis juin.
 
Est-ce que l’équipe de TACT avait prévu le coup ? On ne le saura probablement jamais. 
 
Bonheur au PLQ, colère au PQ
 
Bien entendu, c’est la fête au Parti libéral du Québec depuis que les rumeurs de cette candidature vont bon train. L’arrivée de Vincent Marissal ouvre la porte à une division du vote qui pourrait paver la voie à la victoire du PLQ dans Rosemont si le parti réussit à convaincre une personnalité d’importance à se présenter sous ses couleurs.
 
Dans les rangs du Parti québécois, c’est tout le contraire : on fulmine littéralement.
 
Si les solidaires voulaient diviser le vote souverainiste, ils ne pouvaient pas mieux faire. Les troupes considèrent la candidature de Marissal dans la circonscription de Jean-François Lisée comme un affront et réalisent avec effroi que le parti de Manon Massé et GND n’entend plus à la rigolade. Que leur nouveau candidat soit l’incarnation même de la gauche caviar importe peu. Ils vont mener une lutte sans merci au chef du PQ, sur son propre terrain.
 
Le métier va rentrer vite
 
Celui qui se faisait un plaisir de critiquer les politiciens, et parfois même de les écorcher, a trouvé les derniers jours assez pénibles. Vincent Marissal réalise soudainement que son rôle d’analyste était beaucoup plus confortable que celui de candidat. 
 
Quand il parle des enjeux, les recherchistes se précipitent dans les archives pour effeuiller le florilège de ses articles et trouver une manière de le placer en contradiction avec ses propres prises de position.
 
L’œuvre est importante et l’ex-journaliste a souvent laissé ses lecteurs entrevoir ses allégeances politiques. Le problème, c’est que personne ne le voyait chez Québec solidaire. 
 
Les militants du PQ sont en colère et ils vont s’en donner à cœur joie pour protéger leur chef dans les prochaines semaines. 
 
Ça s’annonce intéressant!