/24m/outings
Navigation

Holocauste: un Montréalais a survécu grâce aux pelures de pommes de terre

Coup d'oeil sur cet article

Paul Herczeg est l’un des derniers survivants montréalais de l’Holocauste et il doit sa survie dans les camps nazis aux pelures de pommes de terre.

Né en 1930 au sein d’une famille juive et hongroise, M. Herczeg n’avait que 14 ans lorsque les Allemands ont envahi son pays.

Toute sa famille a été déportée dans le camp de concentration d'Auschwitz en 1944 et c’est à cet endroit que sa mère fut assassinée par les nazis.

Son père et lui ont ensuite été transférés dans un camp plus petit en 1945, près de Mühldorf, en Allemagne. Le dernier parent qu’il lui restait est mort d’épuisement et de faim sous ses yeux peu de temps après.

Devant la crainte d’être le prochain à mourir, il a tenté de s’enfuir du camp, mais un officier allemand l’a surpris. Au lieu de le punir, ce dernier l’a sauvé.

«J’avais les yeux bleus et les cheveux blonds comme les Allemands, a expliqué M. Herczeg. Il a eu pitié de moi, j’étais très jeune et il m’a sauvé en me plaçant à un poste pour peler des patates dans les cuisines.»

Il a donc survécu grâce au chauffage de l’immeuble et aux pelures de pommes de terre cachées sous ses vêtements, ce qui lui permettait de manger.

M. Herczeg est l’un des 20 survivants canadiens de l’Holocauste à faire partie de la nouvelle exposition virtuelle «Refaire sa vie» présentée sur le site du Musée de l’Holocauste de Montréal. Il est l’un des deux derniers survivants de l’exposition à être toujours en vie.

Traumatismes

Porter l’étoile jaune en public, dans le but d’être identifié comme un juif au sein de la société, reste l’un des plus grands traumatismes qu’il a vécus durant l’Holocauste.

«Je ne me rappelle pas de tout, mais une des choses les plus traumatisantes a été de porter l’étoile jaune, se souvient avec émotions M. Herczeg. J’ai couru vers ma mère et j’ai pleuré. J’étais encore trop stupide pour comprendre ce qui se passait.»

«À cette époque, il n’y avait même pas de télévision et les téléphones étaient rares en Hongrie, a-t-il ajouté. Je n’étais pas un intellectuel, je préférais jouer au soccer plutôt que de lire sur ce qu’il se passait. J’étais vraiment dans l’ignorance par rapport aux dangers de la situation.»

Recommencer à zéro

En mai 1945, Paul Herczeg a été libéré de son camp par les Américains. Il est ensuite arrivé au Canada grâce au «Projet des orphelins de guerre» du gouvernement canadien.

En janvier 1948, il s'est installé à Montréal dans le but de refaire sa vie et d’oublier son passé, alors qu’il était âgé de seulement 17 ans.

«Quand j’ai appris que mon visa au Canada avait été accepté, c’était comme gagner à la loterie», se souvient l’homme aujourd’hui âgé de 88 ans.

Maintenant retraité, il a longtemps travaillé comme tailleur et il a même fondé son propre commerce de détail.

 

L’exposition «refaire sa vie»

  • Une exposition virtuelle
  • Présentée sur le site du Musée de l'Holocauste de Montréal
  • Témoignages de 20 survivants canadiens de l’Holocauste
  • Des photos et extraits vidéo exclusifs
  • Découvrir la contribution des survivants de l'Holocauste au Canada