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Un meurtrier est banni de la ville de Brossard

La famille de la victime craint pour sa sécurité depuis qu’il est sorti de prison

Liyan Guo
Photo Benoît Philie Liyan Guo a encore du mal à dormir et à faire son deuil, cinq ans après le mort de son fils, Chao Peng, tué à coups de planche de bois dans un dépanneur, en 2013. Elle déplore que le meurtrier soit déjà sorti de prison et craint qu’il ne tue encore.

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Les parents d’un homme tué à coups de planche de bois dans un dépanneur il y a cinq ans n’arrivent pas à croire que le meurtrier soit déjà sorti de prison. Ils ont néanmoins réussi à le faire bannir de Brossard, craignant qu’il ne s’en prenne à eux.

« Nous avons peur de lui. Il sait où nous habitons. Il a tué mon fils de sang-froid il y a à peine cinq ans et il est déjà sorti de prison. C’est injuste », déplore Liyan Guo, la mère de Chao Peng, assassiné dans un dépanneur de Saint-Jean-sur-Richelieu en novembre 2013.

Son mari, Yonghui Peng et elle, qui vivent à Brossard depuis plusieurs années, peinent à se remettre de la mort de leur fils unique. Ils n’ont jamais digéré le fait que celui qui l’a tué « comme si c’était un chien » ait été condamné pour homicide involontaire et non pour meurtre au second degré.

« Je ne dors presque pas depuis cinq ans. Je n’ose même pas toucher les photos de mon garçon, dit-elle. Nous sommes venus au Canada pour lui donner une meilleure vie, et maintenant il n’est plus là. »

Shaojun Liu a été condamné à huit ans de prison en mai dernier pour le meurtre de Chao Peng, qui avait alors 25 ans. D’abord accusé de meurtre au second degré, l’homme a plaidé coupable à une accusation d’homicide involontaire.

Comme il avait été incarcéré en attendant son procès, il ne lui restait que quelques mois à purger avant de pouvoir demander une libération conditionnelle, en mars.

Chao Peng
Photo courtoisie
Chao Peng

Dépanneur

À l’époque du drame, Liu et sa conjointe venaient d’acheter le dépanneur des parents de la victime. Les nouveaux propriétaires auraient insisté pour que Chao Peng y travaille à temps partiel afin de les aider dans la transition.

Le 16 novembre 2013, le jeune homme est arrivé en retard au boulot. Il a été tué à peine 15 minutes après avoir rejoint l’accusé dans la remise. Il a été frappé à plusieurs reprises à la tête avec une planche de bois.

Deux jours avant d’assassiner le jeune commis, le meurtrier avait été diagnostiqué avec un trouble de santé mentale.

Le tueur de 49 ans a obtenu sa semi-liberté le 28 mars auprès de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), qui lui a interdit de se rendre à Brossard sauf avec une autorisation écrite, et d’entrer en contact avec la famille de sa victime. Il restera en maison de transition à Montréal pendant au moins six mois.

Communauté chinoise

« Ce sont les parents, mais aussi des membres de la communauté chinoise de Brossard qui nous ont demandé de lui imposer une interdiction de territoire », explique Stéphane Obadia, porte-parole de la CLCC.

La mère de Chao Peng craint toutefois que cette interdiction ne prenne fin rapidement, car Liu sera de retour devant la CLCC dans six mois pour une révision de sa situation, et sera complètement libre en 2020.


Les parents réclament actuellement près de 500 000 $ à Shaojun Liu dans une poursuite civile pour les dommages subis depuis la mort de leur fils.