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Après l’Everest, elle vise le mont Logan

Une Montréalaise veut devenir la première Canadienne à gravir en solo le plus haut sommet du Canada

L’an dernier, Monique Richard a dû abandonner l’ascension du mont Logan qu’elle tentera de conquérir le mois prochain.
Photo courtoisie L’an dernier, Monique Richard a dû abandonner l’ascension du mont Logan qu’elle tentera de conquérir le mois prochain.

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Après avoir été contrainte de s’arrêter en cours de route l’année dernière, l’alpiniste québécoise Monique Richard s’envolera vers le Yukon en mai pour y gravir le mont Logan, le plus haut sommet du pays. Si elle y parvient cette fois-ci, elle deviendra la première Canadienne à y arriver en solo.

Avec sa longue chevelure blonde et sa manucure soignée, rien ne laisse croire à première vue, mis à part ses muscles bien découpés, que Monique Richard a gravi sept des plus hauts sommets de la planète, dont l’Everest.

« Quand on est en montagne, disons que la féminité en prend un coup. Quand je suis en ville, je me gâte », plaisante celle qui vient tout juste de souffler sur ses 43 bougies.

Un sport extrême

Du haut de ses 6000 mètres, le mont Logan a de quoi décoiffer. L’année dernière, Monique Richard a dû faire demi-tour à quelques centaines de mètres du sommet parce que son partenaire avait de la difficulté à respirer.

« En 2015, j’ai un ami qui est mort dans mes bras. Moi-même, j’ai déjà failli y passer deux fois en expédition. Je n’ai pas voulu prendre de chance cette fois-là », raconte l’alpiniste la gorge nouée avant de ravaler pour aborder l’avenir.

La reine de la montagne

Le 11 mai prochain, la Montréalaise retournera au pied du mont Logan pour y amorcer sa première ascension en solitaire.

« Je n’aime pas les choses inachevées. Je suis consciente que c’est très dangereux, mais j’avais besoin d’un nouveau défi. J’aime tester mes limites », tranche cette lointaine descendante de Maurice Richard, de qui elle retient assurément pour sa détermination à toute épreuve.

« Ça fait deux ans que je m’entraîne cinq fois par semaine. Cet hiver, je n’ai pas mis de gants pour m’habituer au froid », raconte la factrice de profession, toujours à la recherche de commanditaires pour son nouveau défi et pour tous les autres projets qui suivront.

10 000 $

En tout, son prochain périple devrait lui revenir à 10 000 dollars, anticipe-t-elle.

« Disons que j’ai fait beaucoup d’heures supplémentaires dans la dernière année », laisse-t-elle savoir.

Cette fois-ci, elle économisera au moins sur le coût du guide. À ses risques et périls, c’est elle qui traînera sa tente, son GPS, son sac de couchage et sa nourriture desséchée pendant les trois semaines que devrait durer l’expédition.

« Ça demande du cardio, de la force musculaire, mais aussi un grand équilibre psychologique. Il peut faire jusqu’à moins 40 sur le mont Logan », évoque Monique Richard, qui a gravi une trentaine de sommets depuis qu’elle a eu la piqûre pour l’alpinisme en 2010 après avoir fait le chemin de Compostelle.

Ivresse de l’altitude

Chaque fois, elle se dit que c’est la dernière fois, mais les tapis roulants et les Adirondack n’arrivent jamais à combler son besoin de sensation forte bien longtemps.

« Au fond, ce qui est motivant, ce n’est pas de toucher le sommet. C’est tout le temps que tu passes à t’y préparer », résume Monique Richard pour expliquer ce qu’elle appelle son « ivresse de l’altitude ».


Il sera possible de suivre Monique Richard tout au long de son périple via sa page Facebook.