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Kinder Morgan met un frein au projet d'oléoduc Trans Mountain citant l’opposition continue de la Colombie-Britannique

Indigenous communities organize a march along the Kinder Morgan pipeline and tanker route on the coast of British-Columbia
AFP

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CALGARY – L'entreprise américaine Kinder Morgan a annoncé, dimanche en fin d'après-midi, qu'elle suspend indéfiniment ses activités et investissements «non essentiels» pour son projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, une décision qui a provoqué une vive réaction à Ottawa.

L'entreprise a justifié sa décision en invoquant le climat politique et social hostile au projet en Colombie-Britannique. Rappelons que le gouvernement de la province de l'Ouest a pris des mesures, l'hiver dernier, pour mettre des bâtons dans les roues de l'entreprise, ce qui avait suscité l'ire de l'Alberta.

«L’incertitude créée par la Colombie-Britannique n’a pas été résolue, mais a plutôt dégénéré en une dispute intergouvernementale, a dit le président et chef de la direction de l'entreprise, Steve Kean, rappelant que le projet avait l’appui du gouvernement fédéral ainsi que des provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan. Une compagnie ne peut pas résoudre les différends entre gouvernements.»

«Comme Kinder Morgan Limited l'a répété plusieurs fois, nous utilisons judicieusement les fonds de nos actionnaires [...]. Nous devons protéger la valeur de Kinder Morgan plutôt que de risquer des milliards de dollars sur un projet à l'issue incertaine qui est hors de notre contrôle», a expliqué M. Kean.

«Dans les prochaines semaines, nous allons travailler avec nos partenaires pour examiner de potentielles façons de continuer le projet», a toutefois tempéré le grand patron de l'entreprise.

Le fédéral réagit vivement

Dans les minutes qui ont suivi l’annonce de Kinder Morgan, le bureau du ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, convoquait les journalistes sur la Colline parlementaire pour prendre connaissance de sa réaction.

Le ministre a accusé le gouvernement britanno-colombien de nuire au projet d'oléoduc.

«Le gouvernement du Canada appelle le premier ministre [John] Horgan et le gouvernement de la Colombie-Britannique à cesser toute menace visant à retarder le Projet d'agrandissement du réseau de Trans Mountain», a clamé M. Carr dans un communiqué publié à l’occasion de sa conférence de presse, en ajoutant que son gouvernement est «déterminé à trouver une solution» pour permettre la construction de l'oléoduc.

«Les mesures prises par son gouvernement sont susceptibles de nuire à l'économie de l'ensemble du pays. À un moment où de grandes incertitudes planent sur le commerce mondial, le rôle important que joue le Canada dans le marché mondial de l'énergie est plus important que les projets individuels et les intérêts particuliers des provinces», a ajouté le ministre des Ressources naturelles.

De son côté, le chef du Parti conservateur du Canada a critiqué le gouvernement Trudeau pour la fin de ce projet.

«Le blâme revient entièrement à Justin Trudeau. Il n’a pris aucune mesure concrète pour assurer la réalisation de ce projet. Il n’a fait que prononcer de belles paroles sans agir, a dit Andrew Scheer par communiqué. Non seulement le premier ministre échoue à défendre d’importants projets comme de Trans Mountain, mais il empire les choses en imposant des politiques qui nuisent au secteur énergétique canadien comme la taxe sur le carbone et de nouvelles règles qui pénalisent les exportations de pétrole canadien.»

Le projet d'oléoduc Trans Mountain vise à tripler la capacité des canalisations existantes afin d'acheminer jusqu'à 900 000 barils de pétrole par jour depuis l'Alberta jusqu'au port de Burnaby, en banlieue de Vancouver, en vue de l'exporter.

Ces dernières semaines ont été marquées par de nombreuses manifestations contre le projet à Burnaby. Elles avaient mené à plusieurs arrestations, incluant celle de la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May.

Le projet avait aussi généré d'importantes tensions entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, pourtant toutes deux dirigées par des gouvernements néodémocrates.