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La venue d’une mine près du lac Taureau inquiète

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SAINT-MICHEL-DES-SAINTS | Des citoyens de Lanaudière s’opposent à la venue d’une mine de graphite à ciel ouvert à quelques kilomètres du cœur du village et du lac Taureau. Ils craignent pour la qualité de l’eau.

Le graphite est principalement utilisé dans la fabrication de batteries au lithium utilisées dans les voitures électriques. La minière Nouveau Monde Graphite voudrait exploiter le gisement de la région de Lanaudière dès 2021. La durée de vie du gisement est estimée à 27 ans.

Dans un secteur touristique

« Le projet, c’est une mine à ciel ouvert à quelques kilomètres du village et à quelques kilomètres du parc régional du lac Taureau qui connaît un développement récréotouristique important », souligne Gilles Cartier, président de l’Association pour la protection du lac Taureau (APLT).

La compagnie minière se veut toutefois rassurante.

« Ce ne sera jamais un trou béant. On prévoit miner en phases, alors quand on termine une phase, on enterre la précédente. On appelle ça faire de la restauration progressive », explique Éric Desaulniers, président de Nouveau Monde Graphite.

Projet étudié

L’étude de faisabilité de la minière a été examinée par les opposants au projet qui ont trouvé des contradictions entre ce que présente le promoteur aux citoyens lors des rencontres d’information et ce qu’on retrouve dans l’étude. L’utilisation de l’eau en est un exemple.

« Quand on lui demande quelle quantité d’eau il va utiliser, il parle de deux ou trois boyaux d’arrosage, alors que l’étude démontre qu’ils vont pomper 548 000 litres d’eau par jour de la nappe phréatique, soit les trois quarts de la consommation des citoyens du village », précise Daniel Tokatéloff, secrétaire de l’APLT.

Les riverains craignent également la contamination, même si la minière dit le contraire. Selon les riverains, l’étude de préfaisabilité révèle qu’il y aurait un surplus important en eaux usées plus ou moins acides et affectées par les 400 tonnes de produits chimiques utilisés dans l’usine chaque année, surplus qui sera déversé dans un ruisseau qui coule vers la rivière Matawin et le lac Taureau.

Le président de la compagnie nie ces allégations.

« On a une dizaine de puits artésiens. On ne touche pas du tout l’approvisionnement en eau potable de la municipalité. Et l’eau utilisée est recyclée à 100 % », assure-t-il.

Une question de survie

<b>Réjean Gouin</b></br>
<i>Maire</i>
Photo courtoisie
Réjean Gouin
Maire

Pour le maire de Saint-Michel-des-Saints, Réjean Gouin, la venue de la minière est une bonne nouvelle. La crise forestière a fait mal à la région qui peine à freiner l’exode de ses citoyens.

Le maire promet de surveiller de près la minière afin de préserver l’environnement. Il prétend aussi que la majorité des citoyens est favorable au projet.

« Toute compagnie qui vient chez nous, il faut qu’on les surveille. Ça ne veut pas dire qu’on veut les mettre dehors. Sinon on est en train de faire un village de Val-Jalbert, on est en train de fermer », dit-il.

— Avec la collaboration de monjournal.ca