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VIA Rail fait du neuf avec du vieux

La société d’État prévoit économiser des dizaines de millions de dollars

VIA Rail dépensera 100 M$ pour la réfection de voitures construites de 1946 à 1953 et 1 G$ pour le remplacement de voitures plus récentes. Sur la photo, les employés de VIA étaient invités à l’annonce de mardi.
Photo Chantal Poirier VIA Rail dépensera 100 M$ pour la réfection de voitures construites de 1946 à 1953 et 1 G$ pour le remplacement de voitures plus récentes. Sur la photo, les employés de VIA étaient invités à l’annonce de mardi.

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VIA Rail prévoit économiser des dizaines de millions de dollars en rénovant des voitures construites au tournant des années 1950, mais ne pourra pas faire de même avec celles circulant dans le corridor Québec-Windsor, pourtant moins vieilles.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, était à Lachine mardi pour annoncer l’octroi d’un contrat de 46 M$ à la firme CAD Industries ferroviaires pour la réfection de 25 voitures. La semaine dernière, VIA Rail a choisi Bombardier pour la réfection de 17 voitures au coût de 54 M$.

« Ces voitures sont en acier inoxydable, elles auront des décennies de vie devant elles avec la réfection », a affirmé M. Garneau. Elles roulent notamment sur les lignes Toronto-Vancouver et Montréal-Jonquière.

Par contre, les trains qui circulent entre Québec et Windsor, soit les 97 voitures « LRC » construites par Bombardier de 1981 à 1984 ainsi que les 47 voitures « Renaissance » datant de 1995-1996 achetées au Royaume-Uni en 2000, ne peuvent pas être modernisées.

Le PDG Yves Desjardins-Siciliano.
Photo Chantal Poirier
Le PDG Yves Desjardins-Siciliano.

 

Sécurité

« Ces voitures arrivent à la fin de leur vie, a indiqué le ministre. Elles doivent être remplacées pour des raisons de sécurité. »

Le récent budget fédéral a donné le feu vert à VIA Rail pour lancer un appel d’offres dont la valeur dépassera vraisemblablement 1 G$. Les nouvelles voitures ne pourront pas rouler à grande vitesse, Ottawa ayant mis ce vieux projet sur la glace.

Elles doivent être mises en service entre 2022 et 2024. Bombardier Transport, qui exploite des usines à La Pocatière et à Thunder Bay, est loin d’être assuré de mettre la main sur le pactole.

« Ce sera ouvert, a noté Marc Garneau. Quand c’est un contrat géré par une société d’État, le gouvernement du Canada se doit de rendre l’appel d’offres accessible à l’international, ça fait partie de nos obligations vis-à-vis non seulement de l’ALENA, mais aussi de l’Organisation mondiale du commerce. »

Comme neuves

Pour ce qui est des vieilles voitures en acier inoxydable, VIA Rail a confié à Bombardier la réfection de 17 d’entre elles, qui seront complètement transformées pour devenir accessibles aux passagers à mobilité réduite. CAD effectuera la réfection moins complexe de 25 voitures dont l’intérieur sera tout de même entièrement refait et qui seront dotées d’un système wi-fi.

« Elles seront comme neuves à la fin », soutient le PDG de CAD, Fausto Levy. Selon lui, il coûte moitié moins cher de rénover de vieilles voitures que d’en acheter de nouvelles.

Les ateliers de VIA Rail à Pointe-Saint-Charles se chargeront de la rénovation de 33 autres voitures pour un coût non divulgué. Il restera ensuite la réfection « des wagons-lits et des voitures-restaurants ».

CAD compte quelques 400 salariés à Lachine et 150 autres à Toronto, Oshawa et Calgary. En 2015, le conglomérat japonais Sojitz a acquis une participation de 41 % dans l’entreprise fondée il y a 50 ans.