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Elle a un don pour dresser les chevaux

Karol-Ann Picard-Beauvais et son cheval Magic. C'est elle qui lui a donné le biberon lorsqu'il est né.
Photo courtoisie, Jesika DePauw Karol-Ann Picard-Beauvais et son cheval Magic. C'est elle qui lui a donné le biberon lorsqu'il est né.

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L’ÉPIPHANIE | Une femme de 24 ans a réussi à dresser plus d’une centaine de chevaux récalcitrants, alors qu’elle n’a pas de diplôme d’études secondaires et n’a jamais suivi de cours de dressage. Elle affirme être souvent le dernier espoir des propriétaires avant l’abattoir.

Karol-Ann Picard-Beauvais, 24 ans, a abandonné ses études lorsqu’elle était adolescente.

Aux prises avec des problèmes de consommation, elle s’est retrouvée dans une famille d’accueil pendant trois mois, loin de la campagne, sans sa famille et sans ses amis, mais surtout sans son cheval, Magic.

«C’est mon propre cheval qui m’a ouvert les yeux. Ma mère me disait que mon cheval m’attendait lorsque mon autobus arrivait, à 16 h 30. Je me suis ouvert les yeux, je suis allée dans des centres de désintoxication pour revenir à la maison et prendre soin de celui qui ne m’a jamais laissé tomber», a-t-elle raconté.

Karol-Ann Picard-Beauvais et son cheval Magic. C'est elle qui lui a donné le biberon lorsqu'il est né.
Photo courtoisie, Jesika DePauw

 

Un don

Vers l’âge de 15 ans, elle a ouvert un compte Facebook. Régulièrement, elle y ajoutait des photos d’elle et de son cheval. Les gens ont par la suite remarqué son talent. Plusieurs lui ont écrit et d’autres l’ont carrément embauchée pour entraîner leur cheval.

Depuis, elle entraîne des chevaux.

Mélanie Allard était propriétaire d’une jument canadienne de 13 ans dressée pour l’attelage qui ne faisait pas confiance aux humains. Elle était très craintive. Elle pouvait paniquer et n’obéissait pas aux commandes de son cavalier.

Mme Allard a fait appel à Karol-Ann Picard-Beauvais, et la magie a opéré.

Selon Mme Allard, sans l’intervention de Karol-Ann, elle aurait vendu sa jument et celle-ci aurait pu facilement se retrouver à l’abattoir, vu son tempérament.

«Elle les comprend [les chevaux], elle ne leur parle pas, mais elle les comprend. Elle ne fait qu’un avec les chevaux. La magie opère dès qu’elle est là. Elle travaille toujours dans la douceur. Elle ne les soumet pas avec la peur, elle leur apprend à aimer, à jouer», a observé Mme Allard.

La cavalière n’entraîne jamais plus de deux chevaux par mois et termine toujours ses cours sur une note agréable.

Elle est sollicitée pour différentes raisons: chevaux à problèmes, entraînement, débourrage (apprendre à un cheval à accepter la selle), désensibilisation et enseignement de tours au cheval.

Fidèle

En 2013, les producteurs de Cavalia ont approché Karol-Ann Picard-Beauvais pour qu’elle se joigne à l’équipe. Or, la cavalière a refusé.

«Magic a toujours été fidèle. C’est ma plus grande relation jusqu’à ce jour! Je ne voulais pas le laisser une deuxième fois, je lui dois beaucoup», a-t-elle expliqué.