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Des wagons indiens au pays d'Armand Bombardier

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La Caisse de dépôt et placement du Québec avait-elle besoin de se lancer dans le REM pour investir adéquatement une fraction des centaines de milliards d’épargne qu’on lui confie ? Absolument pas !

Plus le dossier du Réseau express métropolitain (REM) avance, plus il devient politisé, et plus je le trouve nuisible à la bonne gestion du gigantesque portefeuille de la Caisse.

Le REM est devenu une énorme source de diversion pour le grand patron Michael Sabia.

Lancé en plein début de campagne électorale, le REM porte forcément aujourd’hui l’étiquette du Parti libéral, un projet sur lequel le gouvernement Couillard fait d’ailleurs beaucoup de kilométrage... électoral. Et c’est de bonne guerre !

On l’a vu encore hier, alors que le premier ministre Philippe Couillard procédait au lancement des travaux du REM dans le cadre de la cérémonie de la première pelletée de terre officielle.

En contrepartie, l’étroit lien « électoral » entre le REM de Michael Sabia et le gouvernement Couillard soulève une vive critique de la part des trois partis d’opposition. Et là aussi, c’est de bonne guerre.

La grosse gaffe

La Caisse et son grand patron Michael Sabia se sont carrément mis les pieds dans les plats en octroyant le contrat de fabrication des wagons du REM à la multinationale étrangère Alstom, au lieu de Bombardier Transport.

D’où proviendront les wagons d’Alstom ? De son usine qui a pignon sur rue en Inde.

Non mais quelle décision financièrement maladroite en termes de retombées économiques pour le Québec que d’avoir octroyé la fabrication des wagons du REM à Alstom. Et ce pour plusieurs raisons :

  •  La Caisse prive les employés de l’usine de Bombardier à La Pocatière d’un lucratif contrat de fabrication de trains qui leur aurait assuré du travail pour une longue       période.
  •  Par conséquent, la Caisse empêche le Québec de bénéficier des alléchantes recettes fiscales reliées aux emplois qui auraient été maintenus grâce au contrat des   wagons du REM.
  •  La Caisse se tire dans le pied. Étant elle-même actionnaire à hauteur de 30 % de Bombardier Transport, la Caisse renonce à s’octroyer un lucratif contrat, et ce en   faveur d’Alstom, le plus important rival de Bombardier Transport sur la scène internationale.

Problème d’image

Michael Sabia veut se servir du REM pour promouvoir à l’échelle de la planète l’expertise que la Caisse va développer en tant que créateur et gestionnaire d’un grand projet de transport en commun.

Le hic ? Que retient-on lorsqu’on voit un réseau de transport en commun ? Ce sont les wagons qui y circulent... et non le béton et les rails.

Avec son REM, la Caisse va ainsi faire la promotion mondiale des wagons que Alstom fabrique à son usine en Inde, au lieu de faire la promotion de wagons fabriqués au Québec par « notre » multinationale Bombardier.

C’est d’autant choquant que le REM est un projet de 6,3 milliards entièrement financé par notre bas de laine que gèrent la Caisse et les impôts que l’on verse à Québec et à Ottawa.