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De gros investisseurs s’attaquent au manque de femmes à la direction d’entreprises

De gros investisseurs s’attaquent au manque de femmes à la direction d’entreprises
AFP

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À l’ère des mouvements sociaux, où l’équité et la diversité sont sur toutes les lèvres, le monde financier décide enfin d’y prêter attention. Plusieurs groupes d’investissement ont décidé de voter contre les conseils d’administration où les femmes sont sous-représentées. Et le Canada est le prochain dans la mire des grands investisseurs.

En Angleterre, on ne prend pas l’affaire à la légère.

Le 4 avril dernier, un rapport qui démontrait les écarts salariaux au sein de 10 000 compagnies du pays a suscité l’émoi. On apprenait que 78% de ces compagnies payaient plus les hommes que les femmes, et que certains gagnaient un salaire 50% plus élevé que leurs collègues féminines.

Standard Life Aberdeen Plc, l’une des plus importantes sociétés de gestion, a décidé d’agir. Elle a déclaré qu’elle voterait contre les CA où les hommes totaliseraient plus de 80% des sièges à l’avenir.

À son tour, le groupe Legal and General Investment Management a lui aussi fait savoir qu’il voterait contre les conseils qui accueillent moins de 25% de femmes.

L’année passée, le groupe minier Rio Tinto Plc a quant à lui été critiqué pour son manque de diversité.

Hermes, une compagnie de placement, s’est opposée publiquement à la nomination du président de l’entreprise minière, déplorant la carence de présence féminine sur le conseil d’administration.

Malgré cela, Simon Thompson a tout de même été élu président.

Les États-Unis: un modèle?

Nos voisins du sud sont également allés dans cette direction.

BlackRock Inc, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, a déclaré qu’il s’attend à ce qu’au moins deux femmes siègent à chaque conseil d’administration. Dans le cas contraire, il boycotterait systématiquement une entreprise avec un CA non représentatif.

L’an dernier, State Street, une société de placement, a voté contre des centaines de compagnies américaines, australiennes et anglaises qui ne respectaient pas une certaine équité hommes-femmes sur leurs conseils.

Elle entend maintenant s’attaquer aux organisations canadiennes.

Le Canada progresse à pas de tortues

Malgré sa réputation progressiste, notre pays fait piètre figure au chapitre de la représentativité des femmes dans ses entreprises.

Selon un rapport de l’Association canadienne de normalisation (CSA), seulement 14% des sièges de CA de plus de 660 entreprises canadiennes étaient occupés par des femmes en 2017. Ça représente une progression de 3% en deux ans.

En somme, 62 % des compagnies qui ont pris part à l’étude détenaient au moins une femme dans leur direction.

Ces chiffres sont d’autant plus étonnants, quand on sait que 82% des investisseurs canadiens pensent que les femmes devraient être mieux représentées dans les conseils d’administration, selon un sondage réalisé par l’Association pour un investissement responsable (RIA) en 2017.

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