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La vie dans le faubourg Saint-Louis

Vers 1900

Avant Après
Photo courtoisie, Archives du Château Ramezay, CHRAM_1998_2729_1.
Photo Ben Pelosse

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La discrète rue De La Gauchetière

Tous les Montréalais connaissent cette petite rue sinueuse bordée de maisons toutes simples ou de gratte-ciels, selon l’endroit. Elle est pourtant l’une des plus anciennes rues de Montréal et doit son nom à Daniel Migeon De La Gauchetière, propriétaire de la terre où passait cette voie au début du XVIIIe siècle. De nos jours, la rue traverse le quartier chinois et serpente le centre-ville jusqu’au Centre Bell. Quant à « Gauchetière », il s’agirait d’une adaptation du nom de la mère du capitaine Migeon, Catherine Gauchet. Des colons s’établissent dans ce secteur, hors des fortifications, depuis le début du XVIIIe siècle et même avant, la terre étant concédée dès 1665. Leur vie est alors plutôt agricole et champêtre qu’urbaine et industrielle. Cette petite maison de pierre et de bois ne date peut-être pas du régime français, mais elle rappelle l’époque où le faubourg comptait beaucoup plus de résidents qu’aujourd’hui.

Vivre dans le faubourg Saint-Louis

Photo courtoisie, Archives du Château Ramezay, CHRAM_1998_2729_1.

Quand la destruction des fortifications s’achève en 1817, le développement urbain prend de l’expansion. La population devient plus dense dans le faubourg Saint-Louis. Plus tard, au tournant du XXe siècle, peu de rues sont pavées à Montréal. Seules les grandes artères bénéficient de ce traitement et on peut imaginer la propreté des chaussures qui ont trotté toute la journée dans la boue mêlée de crottin de cheval... La ménagère de notre petite maison de bois devait passer le balai régulièrement. Au moins, elle n’a pas à marcher trop loin pour aller chercher son chauffage : monsieur Parizeau a sa cour à bois et charbon à deux pas ! Mais respirer cette poussière, cette fumée de charbon et cet air vicié des usines est probablement nuisible aux poumons de cette jeune fille. Les médecins de l’époque s’intéressent d’ailleurs de près aux causes d’une des grandes épidémies de ce début de siècle, la tuberculose. La coupable toute désignée est certainement l’hygiène déficiente des quartiers densément peuplés.

Le Pavillon Greenshields

Ce qui semble être une tourelle, à droite, est en fait le seul bâtiment de l’image qui soit encore debout de nos jours. Il s’agit de l’ancien pavillon Greenshields du Montreal General Hospital. En effet, l’institution aujourd’hui située sur la montagne ne s’y trouve que depuis les années 1950. Ses premières racines sont dans le faubourg Saint-Louis où on installe un petit établissement de 24 chambres sur la rue Craig (Saint-Antoine) en 1819. Il s’agit du premier hôpital de la communauté anglophone de Montréal, alors que les francophones ont, eux, l’Hôtel-Dieu et l’Hôpital général des Sœurs-Grises. Attaché à la Faculté de médecine de l’Université McGill, on y fait de nombreuses recherches novatrices. L’hôpital déménage en 1822 sur le terrain bordé par les rues Dorchester (René-Lévesque) et De La Gauchetière, et on ajoute en 1891 le pavillon de chirurgie Greenshields, qui porte le nom de son mécène, David Greenshields. Le lieu est aujourd’hui le CHSLD Paul-Émile Léger.