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Le paradis de la corruption...

Julie Boulet, à la barre de la commission Charbonneau, le 13 mai 2014.
CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI Julie Boulet, à la barre de la commission Charbonneau, le 13 mai 2014.

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Vous avez vu cette image de la journaliste canadienne Katie Simpson qui poursuit, sans relâche, un certain Kevin Chan, le patron de Facebook au Canada?

C’est que le M. de Facebook a très peu fait pour répondre aux questions des parlementaires canadiens en commission sur la vie privée et la transparence. Du journalisme d’anthologie.

Wo minute papillon! Vient icitte! Tu vas répondre aux questions!

Je vous parle de cette vidéo, car par la beauté des algorithmes des réseaux sociaux, cette vidéo s’est trouvée en séquence avec une autre, plus pathétique celle-là.

Ça vient du chroniqueur de L’Actualité Mathieu Charlebois :

La ministre libérale Julie Boulet, qui se ridiculisait devant la commission Charbonneau afin de ne rien dire. Pour en révéler le moins possible, notamment quant aux objectifs de financement imposés par Jean Charest, les fameux « ministres à 100 000$ », quitte à s’attirer les critiques de ses propres collègues libéraux.

Le témoignage de la ministre Boulet avait créé tout un malaise au sein des troupes libérales en mai 2014 :

« Plusieurs d'entre eux affirment sans détour qu'ils étaient tous bien au fait des objectifs de financement que leur imposait le parti lorsqu'ils étaient ministres sous le gouvernement de Jean Charest. Une position qui jette des doutes sur le témoignage de Julie Boulet, qui se retrouve soudainement isolée au sein du caucus libéral. »

Quatre ans plus tard presque jour pour jour, le destin veut que Sonia Lebel, la procureure qui a mené l’interrogatoire de la ministre Boulet à la commission Charbonneau, se retrouve candidate aux élections en Mauricie, la région de la ministre.

Car aucun de tous les politiciens qui ont défilé à la commission Charbonneau n’a été inquiété. Julie Boulet peut être candidate sans problème. Et comme le patron de l’UPAC a promis que son unité anticorruption ne procèderait à aucune arrestation avant le scrutin, ces politiciens peuvent se présenter la tête tranquille.

C’est bin faite pareil!

Ça fait presque une décennie que des médias sortent des histoires embarrassantes sur le PLQ. Vous souvenez de l’histoire de la Société immobilière du Québec? Et que dire de tout ce qui a mené à l’enquête Mâchurer.

Et pourtant, les politiciens libéraux ne se font jamais poursuivre dans les couloirs de l’Assemblée nationale ou en conférence de presse, afin de répondre des histoires de corruption, de leurs relations douteuses (et dieu sait que ce PM en a!), ou des révélations embarrassantes.

Non. La presse est très polie quand il s’agit des histoires croches qui visent les politiciens libéraux.

Faque la roue continue à tourner.

Le dossier de la légalisation du cannabis pue. Ça sent le copinage à plein nez. Allez lire Josée Legault là-dessus.

Et que dire du dossier du REM. Un gouffre financier très douteux qui mériterait que l’on stoppe le tout afin de forcer ceux qui le gèrent, à la CDPQ, d’ouvrir les livres et de tout dévoiler.

Mais comme le ménage n’a jamais été fait et que les tout croches d’hier gèrent encore la cabane, faut s’attendre à quoi?

Pendant ce temps, l’ex-président français Sarkozy est dans le trouble avec la justice française pour des histoires de corruption et de financement électoral douteux. Et en Argentine, la justice a écroué les membres de l’ex-gouvernement de Nestor Kirchner les uns après les autres.

On ne badine pas avec la corruption.

Ici, ceux qui ont été visés par la commission Charbonneau nomment le boss de la police anticorruption, les juges, la directrice des poursuites criminelles et pénales, le patron de la Sureté du Québec...

Le Québec est vraiment un paradis...