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L’immobilier québécois se démarque au Canada

À Toronto, les ventes ont chuté de 10 % en mars

Maisons vente
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés Les ventes résidentielles en 2017 ont atteint 82 632 transactions, une hausse de 6 % par rapport à 2016. Le premier trimestre 2018 devrait être dans la même veine.

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Les experts craignaient que les resserrements successifs des règles hypothécaires et la hausse des taux d’intérêt fassent trébucher le marché immobilier. Mais au Québec, c’est plutôt l’inverse qui semble se produire.

Depuis le début de l’année, le marché immobilier a présenté des signes d’essoufflement un peu partout au pays. Certains analystes anticipent même une baisse de près de 17 % des ventes immobilières au mois de mars par rapport à la même période l’année précédente. Dans les très actifs marchés de Toronto et Vancouver, on sait déjà que les ventes ont décru de 10 % en mars.

Ce n’est pourtant pas le même son de cloche que l’on entend dans la Belle Province. Paul Cardinal, directeur analyste de la Fédération des chambres immobilières du Québec, indique que les ventes résidentielles en 2017 ont atteint 82 632 transactions, une hausse de 6 % par rapport à 2016, fracassant même un record enregistré en 2007. Le premier trimestre de 2018 devrait aussi présenter un bilan positif.

« Le Québec va très bien. Pourtant, les nouvelles règles hypothécaires et la hausse des taux d’intérêt laissaient croire que les ventes allaient chuter de 25 %, ce qui ne s’est pas concrétisé, bien au contraire », confirme Sylvain Mantha, directeur général chez Multi-Prêts Hypothèques.

Des indicateurs au vert

Que s’est-il passé pour que le marché québécois affiche une telle vigueur malgré les hausses de taux et le resserrement des règles ? Les acheteurs ont opté pour des propriétés moins chères et correspondant mieux à leur capacité d’emprunt, estime Sylvain Mantha.

De plus, tous les indicateurs économiques sont au vert actuellement – marché du travail vigoureux, faible inflation, bon indice de confiance des consommateurs – ce qui donne un bon coup de pouce aux ventes résidentielles, confirme M. Cardinal.

La hausse progressive des taux d’intérêt aurait aussi incité de nombreux acheteurs à concrétiser leur acquisition plus rapidement, de peur que les conditions ne soient encore moins favorables s’ils attendaient davantage.

Au bout du compte, le nombre de dossiers soumis par les courtiers hypothécaires aux institutions prêteuses aurait augmenté en moyenne de 33 % en janvier et février 2018 au Québec, alors que la croissance n’a été que de 10 % dans le reste du Canada.