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Volte-face de Robert Lafrenière: l’UPAC pourrait frapper durant la campagne électorale

Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, était de passage en commission parlementaire mardi, où il a été talonné par les partis d’opposition.
Photo Simon Clark Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, était de passage en commission parlementaire mardi, où il a été talonné par les partis d’opposition.

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Volte-face de Robert Lafrenière, qui affirme maintenant que l’UPAC pourrait procéder à des arrestations lors de la prochaine campagne électorale, prévue à l’automne.

En décembre dernier, le patron de l’Unité permanente anticorruption avait promis de ne pas faire de perquisitions ou d’arrestations durant cette période de chaude lutte politique pour ne pas entraver le processus démocratique, ce qui en avait fait sourciller plusieurs.

Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, était de passage en commission parlementaire mardi, où il a été talonné par les partis d’opposition.
Photo Simon Clark

« J’ai peut-être poussé le bouchon un peu trop loin », a convenu mardi M. Lafrenière, lors de son passage en commission parlementaire à l’occasion de l’étude des crédits budgétaires du ministère de la Sécurité publique.

Talonné par le député péquiste Stéphane Bergeron, le commissaire a tenu à préciser que son escouade « continuera à faire son travail » dans les semaines qui précéderont le scrutin du 1er octobre prochain, ce qui pourrait impliquer de procéder à des perquisitions ou même à des arrestations.

L’UPAC, levier politique ?

Robert Lafrenière affirme toutefois qu’il veillera à ce que l’UPAC ne soit pas utilisée comme un levier politique. « On va être très très attentif pour ces 33 jours de campagne là, pour ne pas servir de déséquilibre dans l’exercice démocratique. »

Il a précisé que des « individus » ont tenté d’utiliser l’UPAC pour nuire à leurs adversaires durant les dernières campagnes électorales municipales. L’escouade a finalement renoncé, faute de preuves suffisantes, à poursuivre ces « individus » pour méfait public.

L’enquête sur Ouellette a repris

M. Lafrenière a confié que l’enquête portant sur le député libéral Guy Ouellette et les fuites de l’UPAC, qui était suspendue depuis janvier, a repris.

Soupçonné d’avoir transmis de l’information policière sensible aux médias, le député de Chomedey a été arrêté l’automne dernier par les limiers de l’UPAC. Six mois plus tard, aucune accusation n’a encore été déposée contre lui.

M. Lafrenière a précisé que ce délai était notamment dû à la requête de l’Assemblée nationale, qui invoque le privilège parlementaire pour empêcher que l’UPAC saisisse le téléphone et l’ordinateur du député de Chomedey.

Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, était de passage en commission parlementaire mardi, où il a été talonné par les partis d’opposition.
Photo Simon Clark

D’autres députés font-ils l’objet d’une enquê­te ?

M. Lafrenière n’a pas voulu préciser sa pensée lorsque le député Bergeron lui a demandé s’il y avait d’autres parlementaires qui étaient actuellement visés par une enquête de l’UPAC. « Pas en mesure de vous le dire », a simplement rétorqué le patron de l’escouade.

Intimidation

De passage au Parlement, l’ex-entrepreneur et témoin-vedette de la commission Charbonneau Lino Zambito a dénoncé les propos de Robert Lafrenière, qui tente visiblement « d’intimider » les élus.