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Cuba et son merveilleux système d’éducation et de santé

Cuba et son merveilleux système d’éducation et de santé
AFP

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Mes séjours à Cuba

Depuis vingt ans, je vais deux fois par année à Cuba. Afin d’être avec les Cubains et d’en connaître plus sur eux et sur leurs services publics, je loue toujours une maison à 50 kilomètres de La Havane coûtant environ 30 $ par jour. Oui, j’ai une photo avec Fidel Castro et avec l’ex-président du syndicat des travailleurs de Cuba, Pedro Ross Leal. Cette photo a été prise il y a une douzaine d’années par mon ami Roger Valois, ex-vice-président de la CSN, lors d’une présentation que j’ai faite sur le libre-échange au palais des congrès à La Havane. Naturellement que je suis très fier de ma photo avec Fidel et Pedro! De plus, chanceux comme je suis, tout l’après-midi, Fidel était assis sur le banc devant moi. J’ai ainsi pu mieux observer cet homme que je qualifie de plus grand politicien au monde des 70 dernières années. Il a sorti son peuple de l’exploitation crasse pratiquée par l’oligarchie cubaine et l’a extirpé des entrailles de l’empire américain. Aujourd’hui, même si Cuba est un pays relativement pauvre, beaucoup en raison de l’odieux embargo économique toujours en vigueur, ce pays jouit d’un des meilleurs systèmes d’éducation et de santé au monde. Même que son taux de mortalité infantile est inférieur à celui des States et l’espérance de vie y est équivalente à celle des pays occidentaux. Qu’à cela ne tienne, plusieurs de nos journalistes et médias ainsi que les organismes de presse internationale comme l’Agence France Presse n’ont de cesse de cracher leur venin sur ce pays et ce peuple digne et courageux. Pour eux, il n’y a rien de bon à Cuba. Ils vivent supposément affamés et oppressés, alors que Cuba compte parmi les pays avec le plus de centenaires au monde. Ils ont la couenne dure ces vieux socialistes!

Sur le système d’éducation

J’en apprends toujours sur Cuba à chacun de mes séjours. Saviez-vous que tous les étudiants du primaire et du secondaire reçoivent chaque midi un repas gratuit défrayé par l’État? Pas mal pour un pays avec des ressources financières limitées. Au Québec, on n’a supposément pas les moyens de faire ça, mais on est en mesure de baisser les impôts des riches, de verser des milliards de dollars aux médecins et d’inonder nos B.S. corporatifs privés d’une tonne de dollars en aide gouvernementale pigés dans nos poches. Ces mêmes affairistes se font toutefois les chantres de l’économie de marché, du privé, contre le socialisme et l’intervention de l’État, sauf pour se faire gaver de fonds publics et recevoir nos services publics et nos instruments collectifs. De ce point de vue, Québec et les pays occidentaux sont, à plusieurs égards, plus socialistes que Cuba.

À Cuba, du primaire au secondaire, l’école, obligatoire pour tous, est de huit heures à dix-sept heures et le taux d’alphabétisation est nettement supérieur à celui du Québec. Bien plus, à l’université, tous les étudiants sont payés par l’État et reçoivent chaque mois 25 $. À la fin de leurs études universitaires, ils doivent faire deux ans de service social payé. Ainsi, là où j’ai loué récemment, le fils de la propriétaire Anna étudie en économie à l’Université de La Havane. À la fin de ses études universitaires, il se peut que l’État lui demande d’aller travailler à Santiago de Cuba (où a pris naissance la révolution) dans l’usine et la mine de nickel détenues en partenariat par la minière Sherritt. Travail rémunéré bien évidemment. Cuba est un des principaux producteurs de nickel au monde. Pourrais-je demander à certains journalistes, universitaires et «écrivains» de prendre contact, pour une fois, au Canada, avec les dirigeants de Sherritt juste pour voir comment vont leurs relations avec le gouvernement cubain? Contrairement à la légende, il y a plus de privés que l’on pense à Cuba, comme les gros hôtels, dont la canadienne Sunwing est la plus grande propriétaire étrangère, les milliers de logements privés loués à des touristes, des restaurants, des constructeurs privés, etc. Ben oui, Cuba devrait privatiser tous les restaurants, les marchés d’alimentation (conserver l’importation, la distribution et l’exportation), les stations-service, etc. Eh oui, il y a aussi à Cuba des inégalités sociales, mais aucun n’est privé de services publics importants. Il y a des Cubains qui ont une belle maison à La Havane et une maison de campagne à la plage. Je ne crois pas à la parfaite égalité économique (et il y a toutefois des limites), mais à l’égalité des chances.

Parlons du système de santé publique

Absolument personne de sérieux ne peut nier que le système de santé cubain est far out supérieur au nôtre. Beaucoup plus de médecins, de lits d’hôpitaux, d’infirmiers et infirmières, de physiothérapeutes, d’écoles de médecine, etc. Même que des milliers de Québécois et d’étrangers vont se faire soigner à Cuba. Système de santé et industrie pharmaceutique cubaine représentent l’une des principales sources de revenus pour le pays. Pour atténuer le trop grand pouvoir des docteurs au Québec, et de la pénurie dans plusieurs régions, et pour faire baisser le prix scandaleux des médicaments, pourquoi ne pas en importer de Cuba et signer une entente avec eux comme le font certains pays?

La pédiatre et l’infirmière à la maison

Il y a de ça environ quatre ans, je louais la maison de Maria et Adrian à Boca Ciega. J’étais en train d’écrire tranquillement un article pour mon blogue au Journal en sirotant mon triple espresso et en fumant un bon cigare quand je vois un homme et une femme se diriger dans la maison de Maria qui avait un jeune bébé. Je leur ai demandé ce qu’ils venaient faire ici. Ils m’ont répondu qu’il était pédiatre et elle infirmière et venaient pour l’examen mensuel de l’enfant. Ô bonté divine! que je me suis dit. N’est-ce pas un vrai signe de liberté, ça? Mais les dénigreurs de Cuba ne viennent jamais ici pour voir ces choses-là. La vraie liberté se mesure par l’accès universel aux programmes sociaux de qualité. Ben oui au Québec, c’est une formidable preuve de liberté que d’attendre 12 heures à l’urgence, de ne pas avoir de médecin de famille, d’attendre un an pour une opération, six mois pour un simple scan et de se déplacer de l’Abitibi à Montréal pour des traitements de chimiothérapie. Elle est où votre liberté dans ces cas-là?

Un ami en physiothérapie

Mon ami cubain Enrique s’est gravement blessé au genou lorsque son cheval est tombé sur sa jambe. Après l’opération, il a eu droit immédiatement à des traitements de physiothérapie qui durent depuis plus d’un an dans une clinique tout près de chez lui à Guanabo. Au Québec, j’ai une amie qui souffre de sclérose en plaques et pas de physiothérapie publique accessible. À moins qu’elle aille au privé, mais elle n’a pas d’argent et pas d’assurances.

Mon ami Ramon opéré à l’estomac

Un autre ami, Ramon, âgé de 74 ans, qui habite à La Havane et qui n’est pas riche, vient de subir une opération majeure et on a dû lui enlever une partie de l’estomac. En Afrique, en Asie et dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, cet homme serait mort faute de recevoir les soins nécessaires. À Cuba, même si vous êtes pauvre et âgé de plus de quatre-vingts ans, n’ayez aucune crainte, vous allez recevoir les soins médicaux nécessaires. Voilà un gouvernement socialiste et un pays qui donne préséance aux intérêts supérieurs de toute la population, pas seulement à ceux des privilégiés.

Une invitation à mes amis journalistes

Je retourne au mois de décembre 2018 à Cuba pour deux semaines. Je lance donc une invitation fraternelle à tous mes chaleureux amis journalistes de venir avec moi à Guanabo, pas à l’hôtel, mais en louant une maison privée.

On en profitera alors pour prendre des notes sur leur système de transport public. Des autobus qui roulent de six heures le matin jusqu’à minuit et qui vont de La Havane et à Guanabo à 50 kilomètres de la capitale. A-t-on au Québec un tel service d’autobus publics qui va, par exemple, de Montréal à Saint-Jérôme? On ira faire un petit tour dans leurs garderies, leurs écoles primaires et secondaires, leurs cliniques médicales et leurs centres de physiothérapie. Et grâce au pouvoir de nos médias d’information, on pourrait aller à La Havane visiter l’université et l’un de ces nombreux hôpitaux. Cela permettrait de donner une «saveur» différente à la réalité cubaine.