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Encore des blâmes en environnement

Julie Gelfand
Photo Boris Proulx La commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada, Julie Gelfand, a déposé ses rapports du printemps.

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OTTAWA | Le gouvernement Trudeau est blâmé trois fois plutôt qu’une pour son laxisme en environnement dans une série de rapports publiés mardi.

« C’est toujours préoccupant lorsqu’un gouvernement vous dit qu’il va faire quelque chose et qu’il ne le fait pas », a résumé la commissaire à l’environnement, Julie Gelfand.

Ses trois rapports du printemps soulignent des problèmes dans la protection de la biodiversité, du développement durable et de l’élevage du saumon.

La commissaire a aussi révélé le mois dernier que le gouvernement Trudeau est en voie de rater les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixées par le précédent gouvernement conservateur.

PAS DE SUIVI DES PROMESSES POUR LA BIODIVERSITÉ

Le gouvernement Trudeau a préféré faire des réunions à l’international, créer des comités et écrire des rapports plutôt que de réellement protéger la biodiversité.

Les efforts du fédéral « ne suffiront pas à arrêter la dégradation de la biodiversité et à redresser la situation », tranche la commissaire Julie Gelfand.

Le Canada s’est pourtant engagé à l’international à protéger pour 2020 les quelque 80 000 espèces de plantes et d’animaux qui vivent au pays. Il y a urgence d’agir, puisqu’au moins 500 de ces espèces sont menacées par l’urbanisation ou les changements climatiques, dit-elle.

Le hic : le gouvernement n’arrive pas à savoir clairement s’il conserve bien cette biodiversité. Les indicateurs au moyen desquels il évalue son action manquent de précision et ne mesurent pas les progrès accomplis, à moins de deux ans de l’échéance.

Ottawa tient par exemple le compte de la superficie de ses aires protégées, mais pas de la qualité de leur protection.

TROP D’ÉVASIONS DE POISSONS

L’élevage de saumon sur les côtes du Canada représente un risque pour la vie marine lors des évasions que le gouvernement prend trop à la légère, selon la commissaire à l’environnement.

Des maladies infectieuses et des parasites du saumon d’élevage peuvent se transmettre au poisson sauvage, et trop peu a été fait pour évaluer ce risque.

LE DÉVELOPPEMENT PAS ASSEZ DURABLE

Le gouvernement canadien manque de volonté pour réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, selon la commissaire à l’environnement. Cet engagement pris à l’international n’a été suivi d’aucun système d’évaluation, et les cinq ministères qui ont hérité de responsabilités sont comme « 10 mains sur le volant » sans direction, dit-elle.