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Le PQ craint pour l’investissement du Québec dans la C Series

Periode des questions
Photo d'archives Simon Clark Le député péquiste Alain Therrien a trouvé «scandaleux» que la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, peine à confirmer la valeur actuelle du milliard de dollars américains que le Québec a investi dans la C Series de Bombardier.

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Le Parti québécois craint que la valeur de l’investissement du Québec dans la C Series soit en train de fondre comme neige au soleil, ce que nie fermement la ministre de l’Économie, Dominique Anglade.

Lors de l’étude des crédits budgétaires, le député péquiste Alain Therrien a trouvé «scandaleux» que la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, pourtant entourée de tous ses hauts fonctionnaires, peine à confirmer la valeur actuelle du milliard de dollars américains que le Québec a investi dans la C Series de Bombardier.

Malgré l’insistance du porte-parole péquiste en matière d’économie, la ministre Anglade a répété qu’il faudra attendre un rapport de la vérificatrice générale, en juin, pour savoir combien vaut maintenant le placement effectué par Investissement Québec à l’automne 2016.

«Ce milliard-là qu’on a investi a été évalué par la vérificatrice générale l’année dernière, et va être évalué (encore une fois cette année), a expliqué la ministre à notre Bureau parlementaire. [...]  D’ici le mois de juin on s’attend à ça. C’est le processus normal, parce que les états financiers du gouvernement doivent être rendus publics au mois de juin pour le fonds de développement économique.»

Un «trou» de 400 M$ selon le PQ

Mécontent des réponses données par sa vis-à-vis, le député de Sanguinet est allé piger dans le rapport annuel de Bombardier, qui évalue à 4,15 G$, la valeur actuelle du programme C Series.

Considérant que le Québec détient 18,9 % de cette somme, depuis qu’Airbus est dans le portrait, M. Therrien estime que la part du Québec ne représenterait plus que 784 M$. «Une perte sèche de 216 M$ US», a-t-il déploré en revenant à la charge lors de la période des questions au Salon bleu.

«En plus de perdre ça, elle vient de donner au-dessus de 150 M$ à Bombardier», a ajouté M. Therrien lors d’une mêlée de presse, en faisant référence aux 100 millions de bons de souscription que le Québec a laissé filer à Airbus. «Ça, c’est l’argent des contribuables québécois», a pesté le député péquiste.

«Des faussetés», dit Anglade

«Les chiffres que regarde l’opposition, ce sont les actifs qui sont identifiés dans les états financiers de Bombardier (au 31 décembre 2017). Les actifs, ce n’est pas la valeur (marchande) d’un placement, ça n’a rien à voir», s’est défendue Mme Anglade, en accusant le député de Sanguinet de dire des faussetés.

La transaction avec Airbus n’étant pas encore complétée, la part actuelle du Québec, au 31 mars dernier, était encore évaluée à 32 %, a expliqué Mme Anglade.

«4 150 000 000 $ multiplié par 32 %, [...] je vous le donne en mille, ça donne 1,3 milliard», a-t-elle exposé au Salon bleu.

En date du 31 décembre 2017, la part du Québec se situait toutefois à 37 %, selon ce qu'il a été possible d'apprendre.