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Modernisation de la justice: la ministre Vallée veut éviter les dépassements de coûts

Stéphanie Vallée
Photo Stéphanie Vallée

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La ministre de la Justice Stéphanie Vallée est convaincue que la modernisation de la justice, au prix de 500 millions de dollars sur cinq ans, n’engendrera pas de dépassements de coûts.

«Les erreurs du passé nous amènent à faire preuve de prudence et de rigueur», a assuré la ministre Vallée dans le cadre d’une conférence de presse ce mardi au palais de justice de Montréal.

La ministre faisait allusion à la modernisation du système de santé, qui, au fil des ans, a entraîné une explosion des coûts, pour dépasser le milliard de dollars. La ministre précise par ailleurs que quatre vérificateurs suivront le dossier de près pour veiller à ce que la modernisation de la justice se fasse sans encombre et sans entraîner de «situations problématiques».

Fini le papier

L'objectif est d’éliminer le papier des procédures et de recourir plutôt aux nouvelles technologies, pour, entre autres, réduire les coûts et améliorer l’accès des citoyens à la justice. Signe qu’un virage technologique est nécessaire, la ministre Vallée a donné l’exemple du système de vérification des dossiers, qui remonte à 1975.

«La justice moderne est outillée comme hier. Ça ne fonctionne pas», a-t-elle dit.

Ainsi, 191 millions de dollars seront dépensés pour «mettre la justice à l’heure des nouvelles technologies». Près de 100 millions de dollars serviront à moderniser les infrastructures et 72 millions seront investis pour améliorer la communication entre les principaux intervenants (police, procureurs, avocats, juges).

Enfin, 139 millions de dollars serviront à «instaurer des pratiques innovantes», par exemple en mettant en place une plateforme pour offrir aux citoyens «une information juridique plus accessible et centralisée grâce aux technologies».

«Pas électoraliste»

Cette annonce, du jamais vu pour la justice, n’a toutefois rien à voir avec l’approche des élections générales au Québec, prévues cet automne, a assuré la ministre.

«Il n’y a rien d’électoraliste. Je le fais parce que j’y crois, a-t-elle dit en rappelant qu’elle ne solliciterait pas un nouveau mandat. C’est tout sauf une annonce politique.»

Le juge en chef de la Cour supérieure du Québec, qui assistait à la conférence de presse, s’est d’ailleurs réjoui de cet investissement majeur.

«Ça fait longtemps qu’on était “dus”, a commenté Jacques Fournier. Le simple fait que de l’argent soit investi dans la justice est un bond de géant.»

La modernisation devrait permettre d’économiser du temps en cour, et donc d’économiser de l’argent, a-t-il ajouté en rappelant que, selon les estimations, chaque heure devant un tribunal coûte environ 2000 $.

«Pendant très longtemps, la justice n’a pas été un enfant chéri des gouvernements. C’est un investissement dont on avait grandement besoin», a-t-il conclu.