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Une nouvelle classe de spiritueux à base de sirop d’érable

L’Acérum que produit déjà la Distillerie Shefford cadre avec la nouvelle catégorie de spiritueux que lanceront sous peu des producteurs de la province.
Photo courtoisie Distillerie Shefford L’Acérum que produit déjà la Distillerie Shefford cadre avec la nouvelle catégorie de spiritueux que lanceront sous peu des producteurs de la province.

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RIMOUSKI | Des distillateurs du Québec ont uni leurs efforts pour créer une toute nouvelle catégorie de spiritueux, l’acerum, fait à partir de sirop d’érable.

Les spiritueux faits de sirop d’érable fermenté puis distillé sont actuellement classés sous l’appellation «eau-de-vie d’érable». Quelques produits de ce type se vendent d’ailleurs déjà à la SAQ. Mais il y avait une volonté de les catégoriser plus spécifiquement.

«L’eau-de-vie est souvent associée aux alcools de fruits et on voulait avoir un nom plus spécifique au Québec. Souvent, le produit est un peu perdu dans différentes catégories», a dit Gérald Lacroix, copropriétaire de la Distillerie Shefford, dont le produit cadre parfaitement avec cette nouvelle catégorie.

Au lieu de travailler séparément, des producteurs ont uni leurs efforts pour établir la certification «acerum».

Le nom est protégé officiellement par l’Office de la propriété intellectuelle du Canada. La Distillerie Shefford, la Distillerie du St. Laurent et le Domaine Acer ont formé une association, l’Union des distillateurs de spiritueux d'érable, qui a défini les caractéristiques de l’acerum.

Engouement

«L’idée est d’ouvrir la porte aux autres distillateurs, pour qu’ils créent ce produit-là. C’est aussi de monter un mouvement et d’aller ensuite vers l’exportation. Il y a un engouement pour le sirop d’érable partout, particulièrement en Asie», indique Joël Pelletier, de la Distillerie du St. Laurent. On espère ainsi que le marché se développe.

Les distillateurs ne cachent pas qu’à plus long terme, ils souhaitent obtenir l’appellation «acerum», ce qui demande plus de temps et une confirmation du fédéral. Pour le moment, il s’agit d’une certification qui figurera sur l’étiquette. Ultimement, l’idée est de faire reconnaître l’appellation acerum comme on reconnaît les mots gin ou whisky.

Le lancement officiel aura lieu à la fin du mois de mai.

Bob Barley’s Smoker

D’autre part, la Distillerie du St. Laurent a annoncé avoir créé un whisky single malt avec de l’orge récoltée et maltée dans la région du Bas-Saint-Laurent, puis fumé au bois d’érable dans un fumoir inspiré des fumoirs à poisson que l’on retrouve un peu partout dans l’Est-du-Québec, ce qui serait une première.

«Dans le fond, on boucane notre grain. Au niveau du goût, c’est intéressant. C’est un peu le goût de la fumée dans le saumon fumé. Ce n’est pas agressif, le but est de ne pas masquer tous les autres goûts», a expliqué Joël Pelletier, de la Distillerie du St. Laurent.

Les distillateurs ont fabriqué l’équivalent de plusieurs dizaines de barils avec un «goût de fumée» plus ou moins prononcé. Il faut attendre un minimum de trois ans de vieillissement avant d’apposer l’étiquette Whisky sur le produit qui sera prêt à commercialiser vers 2020-2021.