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L’exemple à suivre

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La vidéo a déjà fait le tour du monde. Partout, le mot « héros » l’accompagne. L’image de ce policier de Toronto qui, sans avoir tiré une seule balle, a réussi à neutraliser le suspect d’une attaque meurtrière au camion-bélier est impossible à oublier. Son nom est Ken Lam.

Face au suspect qui le pointait en lui criant qu’il avait une arme dans sa poche tout en l’implorant de le tirer dans la tête, ce policier a fait montre d’un calme, d’une intelligence et d’une expérience admirables. Il a stoppé le suspect sans tirer. Ce faisant, il l’a aussi sauvé de sa propre tentative évidente de suicide.

Vrai

« Je ne faisais que mon boulot », a répondu Ken Lam. Très vrai. En tant que fille de policier, je vois à quel point sa réponse est sincère. Alors, dans ce cas, pourquoi est-il l’objet d’autant d’admiration de par le monde ?

Parce qu’il y a un effet de contraste spectaculaire entre son comportement exemplaire en situation de danger immédiat et celui de panique que l’on voit trop souvent chez des policiers confrontés à des gens particulièrement désorganisés.

Je ne parle pas seulement des États-Unis, ce pays « pacifique » où les citoyens sont néanmoins armés jusqu’aux dents. Je parle d’ici, au Canada et au Québec. Je parle de toutes ces personnes innocentes, atteintes de maladies mentales, tuées par des policiers mal formés.

Déshumaniser

Des policiers dont le réflexe va même parfois jusqu’à déshumaniser la personne sur laquelle ils tirent pour rien. Je parle aussi de ce policier de Toronto qui, en 2013, a tiré neuf balles sur un jeune homme de 18 ans dans un autobus. Fortement désorganisé, il est mort aux mains du policier.

C’est pourquoi l’analyse de la vidéo de ce policier héros qui, en pleine attaque au camion-bélier, s’est refusé à tirer, devra faire partie intégrante de la formation des policiers. Laquelle mérite une sérieuse mise à jour.