/news/education
Navigation

Parents contre l'éducation sexuelle: les écoles veulent des directives claires

Parents contre l'éducation sexuelle: les écoles veulent des directives claires
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Les directeurs d’école veulent avoir des directives claires du ministère afin de savoir comment gérer les demandes de parents qui veulent retirer leurs enfants du programme d’éducation à la sexualité.

«On va faire quoi avec les parents qui viennent chercher leurs enfants parce qu’ils ne veulent pas qu’ils y assistent?», s’interroge Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, qui regroupe 2200 directions.

Le Journal publiait aujourd'hui un article sur les élèves qui avaient manqué les classes lundi parce que leurs parents protestent contre le futur programme d’éducation à la sexualité. Le mouvement semble avoir touché principalement Montréal et Laval.

Centaine d’enfants

Dans seulement trois écoles de la Commission scolaire de la Pointe de l’île (CSPI), une centaine d’enfants se sont absentés.

Une des critiques des parents repose sur le manque de clarté du futur programme.

«Ça dit quelque chose de leur inconfort. Ce manque d’information-là, je suis sensible à ça», dit Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire.

Les directeurs d’école sont généralement les premiers à recueillir les insatisfactions des parents. Selon Mme Bourdages, la plupart de ces parents ont simplement besoin d’être rassurés. Et surtout, mieux informés sur ce qui sera enseigné à leurs enfants.

Elle l’a elle-même observé en tant que directrice dans un milieu multiethnique quand le cour d’éthique et culture religieuse a été instauré il y a une dizaine d’années.

«Des parents arabophones me disaient : je ne veux pas qu’on parle de ça.» Elle se souvient d’une mère en particulier qui avait changé d’idée après qu’elle lui ait expliqué le concept et le contenu du cours.

«Dans l’information avec le parent, on va dénouer beaucoup de situations.»

Pas de longueur d’avance

Le hic, c’est que les écoles manquent elles-mêmes d’information. «On est encore à se demander qui va donner le programme. On n’a pas vraiment de longueur d’avance».

C’est pourquoi le ministère doit établir un plan de communication pour que toutes les commissions scolaires s’assurent que les parents soient mis dans le coup, abonde Mme Normand-Charbonneau. Des séances d’information pourraient être organisées, par exemple.

Certains parents désapprouvent aussi le contenu du cours, craignant que certains sujets soient abordés trop tôt par rapport à l’âge de leur enfant, critique que le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a rejeté hier.

«On respecte l’âge des enfants. Il y aura ces enseignements dès septembre», a-t-il insisté.

Par exemple, des parents trouvent que les élèves de maternelle sont trop jeunes pour entendre parler de conception et de grossesse.

«D’où je viens?»

Or, c’est justement vers l’âge de 5 ou 6 ans que les enfants se questionnent sur leur provenance, explique la sexologue Geneviève Labelle. C’est aussi à cet âge qu’ils vont avoir une petite sœur ou un petit frère.

«Quand c’est bien fait, on ne les met pas en face de nouvelles réalités. On leur donne des mots pour comprendre ce à quoi ils font déjà face. Ce qu’ils vivent dans leur famille, ce qu’ils entendent dans la cour d’école, ce qu’ils voient dans les téléromans», ajoute Mme Labelle.

«Ça me rend triste», dit-elle à propos de l’idée qu’on veuille priver certains jeunes de ces apprentissages.

 

- Avec Geneviève Lajoie, du Bureau parlementaire