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À toi, qui a décidé de te remettre en forme

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Tu sais, je t’ai vue, au détour d’une rue, avec tes intervalles de marche rapide, tes débuts en vélo, tes premières foulées de course. En traînant comme un boulet, le poids de ta haine envers ton corps.

 

Je l’ai vu, que tu te faisais violence, pour persévérer malgré le manque de motivation et la difficulté, quand t’as baissé les yeux en réponse à mon sourire. Pis je te comprends, je faisais la même affaire, quand j’ai commencé à courir. Ça me prenait tout mon petit change, pis je sortais tard le soir ou ben, ben, ben tôt le matin. J’avais pas envie de me donner en spectacle. Je me disais que personne avait le gout de voir la toutoune se faire aller le body tout mou qui a eu plein d’enfants.

Ça faisait un bout que t’en avais assez de cette image que le miroir te renvoyait. T’étais tannée de te cacher, quand le monde prenait des photos. T’as réalisé que t’avais presqu’aucun souvenir de toi avec tes enfants, bébés, parce que t’avais trop honte de ton apparence pour immortaliser ces moments-là.

Tranquillement, l’idée de te (re)mettre en forme a fait son petit bonhomme de chemin. À force d’écouter des émissions de perte de poids pis de voir des transformations miracle sur ton fil d’actualité, tu t’es dis que c’était peut-être à ta portée, d’arrêter de te trouver laite pis indésirable.

T’avais peut-être commencé à faire un peu d’anxiété, aussi, pis de l’insomnie. Et on t’a parlé de l’impact du sport sur ces deux problèmes-là. Fait que pourquoi pas faire d’une pierre deux coups? Aweille, sors tes rollers, fille, pis vas te bouger, que tu t’es dit.

Les débuts, c’est rough. Tu te retrouves dégoulinante de sueur, la face rouge comme une tomate, pis t’as de la misère à comprendre comment ça peut être aussi dur, d’aller aussi lentement! Tu te fais dépasser par des filles fraîches comme des roses, pis t’as juste envie de les envoyer promener.

Je pense que c’est à un moment de même que je t’ai vue. T’étais là, à courir pas très vite, mais à donner tout ce que t’avais dans le ventre. Je t’ai trouvée hot, de prendre ce temps pour toi; ce temps pour te retrouver.

J’ai eu envie de te dire de pas lâcher, que ça allait être de plus en plus facile, pis que ça allait finir par devenir ton rendez-vous avec toi-même, à la longue. Tsé le sport, ça fait pas juste sortir dehors, ça aère aussi l’esprit pis les émotions. Ça aide à refaire notre monde et à passer la balayeuse dans nos idées.

C’est quand même surprenant, la capacité d’adaptation qu’a le corps humain. Je te garantis pas que tu vas courir un marathon en un mois, mais je peux te promettre que si tu persévères, ça sera pas long que tu vas être fière.

Si tu fais pas la gaffe de te comparer aux autres, pis de te dévaloriser en trouvant que t’es jamais assez bonne pour eux, tu vas voir rapidement que c’est pas juste ton tour de taille qui va se transformer.

Au fil des sorties, tu vas te sentir mieux dans ton corps, plus confiante, mais surtout tellement mieux dans ta tête. Tu vas mieux dormir, être moins stressée, être contente de tes accomplissements.

Tu vas te surprendre à souhaiter ta prochaine activité, et à tourner en rond quand t’as un contre-temps qui t’empêche de bouger.

Tu vas devenir un exemple pour tes enfants, pour ton conjoint. Eux aussi, vont se mettre à bouger, à force de te voir t’activer. Vos sorties familiales vont peut-être aussi changer un peu. Entre une randonnée de vélo en famille ou un film devant la télé, peut-être que la première option va l’emporter un peu plus souvent.

Pis tu vas espacer de plus en plus les pesées, focussant sur autre chose que ton poids. Parce que tu vas t’être rendu compte que l’estime de soi, c’est pas juste une affaire de chiffre, ça se mesure aussi en fierté.