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Achat d’un immeuble pour la délégation du Québec à Paris: la ministre St-Pierre incapable de définir un prix plafond

 Christine St-Pierre
Photo Simon Clark Christine St-Pierre

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QUÉBEC | La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre est incapable de chiffrer le montant maximal que son ministère est prêt à payer pour l’acquisition d’un nouvel immeuble pour la délégation du Québec à Paris.

Le Journal révélait jeudi que l’acquisition de l’immeuble coûterait au moins 20 millions $ de plus que prévu. L’an dernier, le ministère avait estimé le coût à 30 millions $.

Questionnée à plusieurs reprises à cet égard par le député de la CAQ Benoit Charrette, la ministre s’est contentée d’indiquer que l’achat sera fait «dans les normes de la rigueur budgétaire».

«On ne va pas aller dans une direction où on va ouvrir complètement les valves», a-t-elle indiqué, lors de l’étude des crédits du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, jeudi.

À la base de cette explosion des budgets estimés, le marché parisien de l’immobilier, qui subit de fortes pressions depuis le Brexit en Angleterre. En effet, plusieurs entreprises voudraient déménager leur siège social de Londres à Paris pour rester en zone européenne, ce qui stimule la demande.

Retarder la vente

Selon la CAQ, tout porte à croire que l’achat de cet immeuble sera une «catastrophe budgétaire» si Québec décide d’acheter bientôt.

La deuxième opposition recommande d’ailleurs au gouvernement de ne pas «bousculer l’échéancier» pour «laisser le temps au marché de se stabiliser».

M. Charrette a également demandé à la ministre de ne pas «engager le Québec [dans cet achat] à quelques mois des élections», considérant qu’un nouveau gouvernement pourrait avoir une position différente sur cette transaction.

La ministre a rejeté cette requête, puisqu’elle juge relativement urgent que la délégation déménage dans un endroit lui permettant de mieux remplir sa mission.

Elle a également rappelé qu’une flambée des prix à Paris va avantager le Québec lorsque viendra le temps de vendre l’immeuble que la délégation quittera.

Pour sa part, le PQ juge tout à fait raisonnable que la délégation puisse déménager dans un arrondissement plus central de Paris, mais craint que les possibles dépassements de coût ne viennent amputer les services offerts par la délégation.

La délégation souhaite faire l’achat de ses nouveaux bureaux dans un quartier central de Paris, près du Quai d’Orsay. L’endroit devra notamment être doté d’une salle de spectacle multifonctionnelle «pour renforcer la diplomatie d’influence du Québec».