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Quand Cogeco achète 10 stations régionales... et que ça ne changera rien à votre vie

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Je l’ai déjà mentionné. Le sujet préféré des médias, c’est les médias.

Cela explique pourquoi tout changement dans le monde médiatique occupe tant d’espace à la télé, la radio et les journaux.

Les médias sont les champions des selfies corporatifs.

Mettons les choses en perspective.

Cogeco qui achète 10 stations de radio pour 18 millions, c’est pas comme si Microsoft venait d’avaler Apple.

En comparaison, rappelons que Bell avait acheté Astral Média pour 3,2 milliards, et cela incluait 84 stations de radio dont celles sous les bannières Énergie et Rouge FM et 24 chaines de télé spécialisées.

Cela dit, il faut aussi se rappeler que toute entreprise, quel que soit son secteur d’activité, n’a qu’une mission. Voir grossir ses bénéfices.

Cogeco domine le marché radio de Montréal d’une façon spectaculaire avec les 3 premières positions à la radio francophone et la station numéro un en anglais. On ne peut pas demander plus.

Quoi que possible, la croissance des revenus des autres stations du réseau n’est pas infinie non plus.

Un ancien vice-président de Cogeco, Michel J. Carter, m’avait déjà parlé ce qu’il appelait « la logique de l’actionnaire » pour expliquer l’expansion du réseau Rythme FM notamment à Sherbrooke et Québec au début des années 2000.

L’actionnaire de n’importe quelle entreprise veut voir croître les bénéfices à chaque année. Deux options sont possibles quand on pense que les ventes ont plafonné. Baisser le coût de production (Cogeco est déjà efficace à ce chapitre) ou développer de nouveaux marchés.

Je crois que l’on est dans le second scénario, tout simplement.

Par ailleurs, une station régionale craint toujours de voir le contrôle de l’entreprise quitter la région pour se retrouver entre les mains de décideurs d’une plus grande ville.

Les craintes ne sont pas toujours fondées.

Le directeur général de Bell Média à Québec, Daniel Tremblay, me disait récemment que la gestion des stations Énergie et Rouge à Québec est plus simple et agréable que jamais. Par exemple, le fait que la haute direction de l’entreprise soit à Toronto ne l’empêche pas d’avoir la seule station Énergie qui fait de la radio qui parle, ce qui tue aussi le mythe de l’uniformité à tout prix dans un réseau.

Aucun auditeur de CHOI Radio X ne peut dire qu’il sent dans la programmation que la station appartient à RNC, une entreprise dont l’administration est située au Carré Westmount à Montréal.

Et cela n’a pas empêché les stations RNC Planète Radio et KYK Radio X d’être dominantes au Saguenay.

Est-ce à dire qu’il est souhaitable que toutes les radios soient rachetées par de grandes entreprises de radiodiffusion et que d’appartenir à un grand groupe apporte toujours le bonheur?

Ben non.

Le climat de travail dans une station dépend beaucoup plus du respect que les artisans se vouent mutuellement, de l’adhésion de l’équipe au plan proposé par la programmation et du leadership de la direction générale.

Qui est le propriétaire n'a souvent aucune incidence sur le résultat.

Je rappelle ici que le Canadien a trouvé moyen de rater les séries 8 fois en 20 ans, indépendamment du fait que le propriétaire ait été un Montréalais ou un Américain.