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Facebook met de la pression sur les jeunes

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Les réseaux sociaux mettent une pression énorme sur les adolescents en manque d’estime de soi, selon la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou.

« Quelqu’un qui ne peut prendre de recul par rapport [aux réseaux sociaux] va certainement se dire que sa propre situation n’est pas idéale», déplore l’experte.

La recherche d’estime de soi peut pousser à commettre des gestes extrêmes selon la situation personnelle de l’adolescent, ajoute-t-elle. L’encadrement familial, la maturité ou encore la consommation de drogues sont autant de facteurs à prendre en compte.

Christine Grou, <i>psychologue</i>
Photo courtoisie
Christine Grou, psychologue

« Si le jeune commet quelque chose de très sensationnaliste, mais pas très adapté comme geste, pour recevoir des likes, c’est qu’il sent qu’il ne peut pas recevoir cette reconnaissance autrement », analyse Christine Grou en précisant qu’elle ne commentait pas le cas de Brenda Pelletier-Bélanger.

Un autre facteur aggravant dans le cas des jeunes est le fait qu’une partie de leur cerveau, les lobes frontaux, ne s’est pas encore complètement développée, selon Mme Grou. « C’est une partie qui est responsable du jugement et de la capacité à anticiper les conséquences de nos actions », précise-t-elle.

Mais les ados sont susceptibles d’agir sans en mesurer les conséquences, rappelle Mme Grou, en mettant en garde contre les explications simplistes à propos des réseaux sociaux.

« Depuis la nuit des temps que les jeunes cherchent à attirer l’attention en effectuant toutes sortes de gestes. La différence, maintenant, c’est qu’ils ont les réseaux sociaux pour le faire », explique l’experte.

Aussi Instagram

Le cas de Brenda Pelletier-Bélanger n’est pas sans rappeler celui de Mélina Roberge, arrêtée en 2016 pour avoir tenté de faire entrer 95 kg de cocaïne en Australie. Elle et sa partenaire avaient pris des photos tout au long d’une croisière autour de la planète pour les mettre en ligne sur le réseau Instagram.

Une juge australienne avait critiqué l’obsession des jeunes pour les réseaux sociaux et l’importance du paraître au moment d’annoncer à Roberge qu’elle écopait de huit ans de prison.

« Il est triste de voir que [les jeunes] cherchent à atteindre une existence vide de sens où le nombre de likes qu’ils reçoivent représente leur valeur », avait-elle déclaré.