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Pour une vraie justice publique

Audrey Gagnon
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Audrey Gagnon

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Vous souvenez-vous d’avoir vu à la télé OJ Simpson enfiler une paire de gants semblables à celui qui avait servi au meurtrier de sa femme et de son nouvel amoureux?

« If it doesn’t fit, you must acquit » avait alors affirmé son avocat Johnnie Cochrane devant le jury.

Simpson avait alors usé de son talent de comédien pour essayer de démontrer que les gants ne lui faisaient pas.

La planète entière avait pu voir la scène et se faire une idée.

C’était en 1995.

Encore aujourd’hui, quand je revois les images, je me dis que justice n’a pas été rendue.

Alors, à quand des caméras dans les salles de cour au Canada?

CENSURE

Existe-t il une raison valable pour qu’on empêche le public de voir à la télé ou sur le web des procès comme ceux d’Audrey Gagnon ou Alexandre Bissonnette?

Si la Commission Charbonneau a pu être présentée sur les réseaux d’informations, pourquoi le procès de Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté ne pourrait-il pas l’être aussi?

En 2018, ne pas permettre cette diffusion est carrément de la censure et on ne devrait plus accepter ça.

Le public devrait avoir droit de se faire une tête sur le travail des policiers, des avocats de la poursuite, de l’UPAC, des juges.

La justice est publique, ou elle ne l’est pas.

JUSTICE À L’AMÉRICAINE

Les opposants à la diffusion des procès diront que cela ressemblerait à une « justice à l’américaine ».

Ouais, pis?

Ils diront aussi que ce serait mauvais, entre autres pour les victimes d’aggressions sexuelles.

La réalité, c’est que rien ne nous obligerait à diffuser des images de tous les procès et de tous les témoins.

Mais dans un système judiciaire qui fonctionne encore comme dans les années 70 au plan technologique, ce n’est pas demain la veille que ça va arriver.