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Le supplice de la goutte... libérale

Le supplice de la goutte... libérale
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Le supplice de la goutte d’eau est une technique de torture consistant à attacher un condamné immobile sur une planche. Dès lors, à intervalle régulier, une goutte d’eau tombe sur son front. Il en résulte une altération physique et psychologique de la victime, qui finit par devenir folle.

J’ai l’impression que les députés libéraux font exactement vivre ça à leur chef Philippe Couillard. Nous sommes aujourd’hui, le 1er mai. Avez-vous réalisé que dans 5 mois jour pour jour, le 1er octobre nous voterons et connaîtrons le gagnant du prochain scrutin? La Coalition avenir Québec domine, mais rien n’est joué. Le PLQ maintient de solides appuis et peut encore légitimement espérer l’emporter. Néanmoins, on a la perception que le parti est en fin de régime et les départs se multiplient. Voici un bilan des retraits de la vie politique qui ont été annoncés:

Comme vous pouvez le constater, rares furent les semaines sans annonce de départ. Selon des rumeurs persistantes, le ministre de l’Immigration, David Heurtel (Mise à jour 4 mai : David Heurtel ne sollicitera pas un autre mandat), le président de l’Assemblée nationale du Québec, Jacques Chagnon, et le ministre responsable des affaires autochtones, Geoffrey Kelley (Mise à jour 11 juin : Le ministre Geoffey Kelly ne sera pas candidat aux prochaines élections), annonceront sous peu leur retrait de la vie politique.

Résumons le tout, 13 députés ont confirmé leur départ, dont quatre ministres. Trois autres devraient en faire l’annonce bientôt. Ajoutés à ces départs, les trois députés indépendants, Pierre Paradis, Gerry Sklavounos (Mise à jour, 11 mai : Gerry Sklavounos ne sera pas candidat) et Yves Saint-Denis (Mise à jour 11 mai : Yves St-Denis ne sera pas candidat libéral), tous trois exclus du caucus libéral pour des allégations d’inconduite sexuelle, et nous sommes à 19 des 70 députés libéraux qui ne seront pas candidats aux prochaines élections, c’est près de 30% du caucus libéral.

D’autres départs à prévoir?

Est-ce que Gaétan Barrette, sachant que ses jours sont comptés comme ministre de la Santé et que son parti pourrait être relégué à l’opposition voudra néanmoins rester?

Est-ce que Julie Boulet acceptera de poursuivre en politique malgré le fait que son siège est menacé en Mauricie et de subir l’affront de voir son frère, Jean Boulet, se présenter pour la CAQ? (Mise à jour 7 mai : Julie Boulet quitte la vie politique

Rien n’est impossible et d’autres départs imprévus pourraient survenir. Je vous l’avoue, Martin Coiteux, je ne l’avais pas vu venir.

Hécatombe mal gérée?

Le premier ministre aurait dû fixer une date limite à ses troupes pour décider s’ils poursuivaient ou non leur engagement. Par exemple, au 31 mars, tout le monde a donné sa réponse.

La politique étant beaucoup axée sur l’image, ces annonces de départ quasi hebdomadaires donnent une impression que les rats quittent le navire avant que celui-ci fasse naufrage.

Bien sûr, les justifications sont multiples. L’âge, la fatigue, la famille, le désir de passer à autre chose sont des raisons légitimes. Néanmoins, il est impossible de ne pas se poser la question suivante: si tous ces élus avaient la conviction qu’ils formeraient le prochain gouvernement, assisterions-nous à autant de départs ? Poser la question c’est y répondre. Philippe Couillard doit se sentir bien seul sur son île.