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Recyclage: Les centres de tri sont inefficaces selon Cascades

Mario Plourde devant le Cercle canadien.
Photo Sylvie Lemieux Mario Plourde devant le Cercle canadien.

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Le grand patron de la papetière Cascades souhaite que le Québec donne un gros coup de barre pour mieux recycler ses matières récupérables en mettant fin à l’inefficacité des centres de tri.

« On pourrait acheter plus au Québec à la condition d’améliorer la qualité du produit », affirme Mario Plourde, le PDG de Cascades lors d’une conférence devant des gens d’affaires au Cercle canadien, lundi dernier.

« Il y a une occasion à saisir. Plus on est près de la matière, plus les coûts baissent. Utiliser une matière qui est récupérée et transformée au Québec, on ne peut pas avoir mieux. Pour y arriver, il faudra investir dans les centres de tri pour améliorer leur efficacité et leur productivité. »

Matières contaminées

Cascades a dû s’ajuster dans ses propres usines. L’entreprise a ajouté des équipements de nettoyage parce que la matière des centres de tri arrivait déjà contaminée. Cascades a même reçu un bac de seringues souillées dans le recyclage.

Pour Mario Plourde, il y a un grand besoin de mieux informer la population sur ce qui est recyclable ou non.

« Il faut que les villes informent mieux leurs citoyens [...] parce qu’il y a toujours de nouvelles matières qui arrivent sur le marché ou de nouvelles technologies qui permettent de les récupérer. »

Un modèle d’affaires à revoir

Selon Mario Plourde, il est aussi urgent pour l’industrie de revoir son modèle d’affaires. Plusieurs centres de tri sont dépendants d’un seul client, comme la Chine ou l’Inde, ce qui les met à risque. D’autres sont des organismes à but non lucratif qui font de la réinsertion sociale. Ces centres ne peuvent avoir la même performance que d’autres qui sont hautement mécanisés et dédiés à la production, soutient M. Plourde.

« C’est la deuxième fois en neuf ans que le Québec fait face à une crise dans l’industrie du recyclage. Si on veut la gérer de façon durable, travaillons sur des mesures durables », ajoute Mario Plourde.

Stratégies de croissance

Cascades utilise plus de 500 000 tonnes de papier recyclé chaque année dans ses usines québécoises. Une bonne part de cette matière première, soit plus de 420 000 tonnes, provient déjà du Québec. Elle achète auprès de centres de tri qui peuvent lui garantir une fibre de la qualité recherchée. Cascades a aussi conclue des ententes avec plusieurs chaînes de détaillants dont Walmart pour récupérer à la source le carton recyclé, évitant ainsi qu’il soit contaminé par d’autres matières.

Néanmoins, il y aura toujours une part de ses approvisionnements qui viendra de l’importation. « Certains grades de papiers sont difficiles à trouver au Québec et nous devons donc importer des proportions importantes pour fabriquer certaines gammes de produits », explique Hugo D’Amours, vice-président, communications et affaires publiques.

À l’inverse, Cascades exporte aussi certains grades de papier vers des usines du Nord-Est des États-Unis et de l’Ontario.

Les produits de Cascades sont fabriqués à 82 % de matières recyclées. Déjà reconnue pour sa capacité d’innovation, l’entreprise a mis en place un processus intégré de R-D pour favoriser le développement de nouveaux produits. Elle a notamment créé le Centre d’innovation Cascades où travaillent 37 personnes. L’objectif : que 4 % des ventes annuelles de l’entreprise soit généré par la mise en marché de nouveaux produits.

Un bon exemple : la boîte Northbox, utilisée pour le transport d’aliments périssables, un marché en forte croissance avec la popularité grandissante des entreprises comme Cook It et Goodfood.