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Une mère dépose une plainte contre trois policiers du SPVM

Sa fille de 15 ans aurait été blessée lors d’une arrestation brutale à Montréal

Marisabelle Joly (à gauche) ne comprend pas comment des policiers ont pu en venir à utiliser la force pour arrêter sa fille de 15 ans.
Photo Benoît Philie Marisabelle Joly (à gauche) ne comprend pas comment des policiers ont pu en venir à utiliser la force pour arrêter sa fille de 15 ans.

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Une mère de famille vient de déposer une plainte en déontologie contre trois policiers de Montréal qui auraient blessé sa fille de 15 ans lors d’une arrestation musclée.

«Les policiers sont censés être là pour protéger nos jeunes. Je ne comprends pas comment ils peuvent en venir à faire du mal à une adolescente», déplore Marisabelle Joly, mère de cinq enfants.

La femme de Montréal-Est a eu tout un choc en rentrant du travail le 14 avril dernier vers minuit. Elle a trouvé sa fille Roxanna agitée, avec des blessures au visage, au cou et des ecchymoses à plusieurs endroits sur le corps, dont les bras et les poignets.

«Si c’est moi qui avais fait ça à ma fille, je n’aurais plus le droit de la voir, c’est certain», glisse-t-elle.

Roxanna Henriquez aurait été prise à partie par trois agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) alors qu’elle passait près d’un attroupement de jeunes vers 22 h, non loin de la station de métro McGill.

Selon un témoin et un commerçant contactés par Le Journal, de nombreuses voitures et agents du SPVM étaient sur place pour disperser le groupe d’une trentaine de jeunes. Les policiers interviendraient souvent dans le secteur pour ce genre de situation.

Roxanna Henriquez a notamment été blessée au visage et au cou.
Photo courtoisie
Roxanna Henriquez a notamment été blessée au visage et au cou.

 

Marisabelle Joly (à gauche) ne comprend pas comment des policiers ont pu en venir à utiliser la force pour arrêter sa fille de 15 ans.
Photo courtoisie

 

Arrestation au centre-ville

L’adolescente assure qu’elle passait par là avec ses amies pour aller prendre le métro et rentrer à la maison. Les policiers lui auraient dit de quitter les lieux, ce qu’elle a fait.

Une minute plus tard, en remarquant qu’une de ses copines manquait à l’appel, elle est revenue sur ses pas. C’est à ce moment que trois agents l’auraient encerclée près de l’entrée du métro.

«Ils m’ont demandé mon identité, mais je refusais de m’identifier parce qu’ils ne me disaient pas pourquoi ils m’arrêtaient», relate Roxanna.

Selon elle, le ton a monté, mais elle n’a jamais été agressive. Puis un des policiers l’a poussée.

«Il a plaqué mon visage au sol, ce qui bloquait ma respiration et m’a tordu les bras. Ensuite, ils étaient comme trois policiers sur moi, se souvient-elle. Je ne me suis pas débattue, je n’étais pas agressive. Ils m’ont mis les menottes tellement serrées que j’ai eu des bleus aux poignets.»

Ils l’auraient ensuite emmenée dans un véhicule de police où ils auraient noté son identité. Ils lui ont remis un constat d’infraction de 120 $ pour « avoir refusé de quitter les lieux d’un attroupement illégal » et l’auraient relâchée.

Plainte en déontologie

Elle est rentrée chez elle en métro et en autobus, avec le cou enflé et des plaies saignantes, dit l’ado, qui appuie ses propos avec des photos des blessures.

Selon un témoin, qui a filmé la scène, les policiers ont utilisé une force excessive et injustifiée au cours de l’intervention.

«J’ai tout vu du début à la fin. Oui, ils parlaient tous fort, mais à aucun moment au cours de l’arrestation la jeune fille n’a résisté ou été violente», indique Angus Thomas Larsen. Celui-ci ne connaissait pas la victime au moment de l’incident.

Mme Joly a décidé de porter plainte contre les policiers pour s’assurer que ce genre d’événement ne se reproduise plus.

Le SPVM a indiqué qu’aucun commentaire ne serait émis sur l’intervention ni la plainte déposée en déontologie.