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Homicide involontaire: un policier de la SQ condamné à quatre ans d’incarcération

Homicide involontaire: un policier de la SQ condamné à quatre ans d’incarcération
Photo d'archives, Martin Alarie

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Sitôt condamné à quatre ans de pénitencier pour homicide involontaire, le policier Eric Deslauriers a été remis en liberté par la Cour d’appel, jeudi après-midi.

Le plus haut tribunal du Québec a accepté de suspendre jusqu’à nouvel ordre l’exécution de la peine imposée le jour même au policier Deslauriers par la juge Joëlle Roy pour avoir abattu mortellement un adolescent de 17 ans qui tentait de lui échapper lors d’une intervention policière à Sainte-Adèle, dans les Laurentides.

La Cour d’appel réexaminera toute cette affaire puisque la défense conteste le verdict de culpabilité qui a été rendu contre le sergent de 46 ans par la juge Roy au terme d’un procès, en septembre 2017.

Pareille condamnation, si elle devait être maintenue, signifierait la fin de la carrière d’Eric Deslauriers dans les forces de l’ordre, lui qui compte plus de 21 ans de service au sein de la Sûreté du Québec.

En matinée, la juge Roy avait condamné Deslauriers à la peine minimale prévue par le Code criminel pour un tel crime.

Elle lui a aussi imposé l’interdiction de posséder toute arme à feu pendant dix ans.

«Cette peine constitue indubitablement une peine sévère», a-t-elle déclaré avant de souhaiter «bonne chance», du bout des lèvres, au policier dont elle a noté le passé «sans tache» avant ce drame.

Légitime défense écartée

Le 22 janvier 2014, le sergent avait localisé une voiture volée dans le stationnement de la polyvalente de Sainte-Adèle. Après avoir immobilisé son autopatrouille de façon à bloquer toute issue à l’auto, il a sommé le conducteur suspect, David Hugues Lacour, 17 ans, de sortir et de lui montrer ses mains.

Le jeune a plutôt fait vrombir le moteur de l’auto et quand le policier a dégainé son arme, la victime a démarré en trombe vers l’avant.

Le sergent a aussitôt tiré deux projectiles en direction du jeune conducteur, l’atteignant mortellement.

Au procès, l’accusé s’était défendu d’avoir voulu enlever la vie du suspect et plaidé qu’il cherchait plutôt à sauver la sienne.

Mais la juge avait estimé que le policier en devoir avait utilisé une force «disproportionnée» en tirant «en direction de la tête et des épaules» d’un jeune «qui n’était pas armé», dans une affaire de «recel de véhicule».

Policiers «consternés»

Rappelons qu’au procès, la procureure du policier Deslauriers avait vainement tenté d’obtenir la récusation de la juge Roy en invoquant son apparente partialité contre les policiers, pour des propos qu’elle avait tenus alors qu’elle était avocate et présidente de l’Association québécoise des avocats de la défense.

En 2012, Me Roy avait déclaré sur les ondes d’une émission de télé que trop d’interventions policières se soldaient par des décès, en disant: «Ça fait je ne sais pas combien de personnes qui se font... se font assassiner en fait par des policiers». Elle s’en était ensuite excusée.

Dans un communiqué, l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec a soutenu jeudi que pareil verdict «cause un profond malaise dans la communauté policière», en ajoutant que ses 5500 membres en sont «consternés».

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