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Un Montréalais coupable de trafic d’armes

Anatoliy Vdovin
Photo courtoisie Anatoliy Vdovin

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Acquitté il y a quelques mois d'avoir proféré des menaces de mort à l'endroit d'un porte-parole du SPVM, un Montréalais de 48 ans a connu son Waterloo ce jeudi lorsqu'il a été déclaré coupable de trafic d’armes.

La culpabilité d’Anatoliy Vdovin, qui se spécialisait dans la vente illégale de pièces de fusils d’assaut AK-47, ne faisait «aucun doute» dans l’esprit de la juge Linda Despots après l'examen de la preuve accablante amassée par les policiers américains et montréalais contre le résident de Côte-des-Neiges.

En janvier dernier, Vdovin était accusé d'avoir publié en 2013, sur internet, une annonce visant à recruter un tueur à gages et faire assassiner l’inspecteur Ian Lafrenière, patron des communications de la police de Montréal. Le jury l'avait cependant déclaré non coupable.

AK-47 sur internet

Cette fois, Vdovin a été piégé par un agent du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF), en Alabama, qui a ouvert une enquête après avoir découvert sur internet, au printemps 2015, une annonce où l'on offrait des carcasses d’AK-47.

L’agent spécial s’est alors fait passer pour un client et a acheté cinq carcasses d’AK-47 pour 380 $ US. Lors d’échanges de courriels, le vendeur, provenant de Montréal, lui a fait savoir qu’il vendait aussi des silencieux.

 

L’agent a ensuite passé plusieurs autres commandes, achetant notamment huit silencieux pour 1120 $, ainsi que d’autres pièces permettant de monter un fusil d’assaut automatique.

L’ATF a requis l'aide du SPVM pour identifier le vendeur et recueillir des preuves incriminantes sur le terrain. Les policiers ont ainsi pu filmer Vdovin et observer qu’il expédiait toujours ses colis contenant des armes en se rendant dans divers comptoirs postaux de pharmacies à Montréal.

Trois ans minimum

Ils ont aussi découvert que Vdovin cachait un véritable arsenal dans un mini-entrepôt de la rue Notre-Dame, ainsi qu’à son domicile de la rue Lacombe.

Après avoir appréhendé Vdovin en avril 2015, les policiers ont saisi en sa possession de quoi fabriquer près de 600 AK-47 et 180 silencieux.

Dans le box des accusés, Anatoliy Vdovin avait un visage de marbre pendant que la juge faisait la lecture de sa décision.

Détenu, il sera automatiquement condamné à une peine d’au moins trois années d’incarcération, soit la sentence minimum prévue par le Code criminel canadien en matière de trafic d’armes.

Il n’est toutefois pas exclu que la Couronne, représentée par Mes Josiane Laplante et Eric Poudrier, réclame une peine encore plus sévère, ce que le tribunal déterminera à une date ultérieure.

Par ailleurs, Vitaly Pohrebniak, 50 ans, qui était défendu par Me Yann Trignac, a été blanchi de toutes les accusations portées contre lui dans cette même affaire, la juge Despots ayant estimé qu’il ignorait la nature exacte du commerce illicite dans lequel Vdovin l’avait impliqué.