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Pis fuck les garçons...

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Se fout-on royalement du sort des garçons au Québec? J’ai bien peur que oui.

Les chiffres dévastateurs rendus publics ces derniers jours par l’Institut du Québec lèvent le voile sur une tragédie honteuse. Les p’tits gars ne réussissent pas bien. À peine un sur deux parvient à obtenir son diplôme d’études secondaires en cinq ans.

Dès lors, c’est toute la société québécoise qui semble tomber des nues. Il existe pourtant de nombreux sonneurs d’alarmes qui tentent depuis bon nombre d’années de nous sensibiliser au risque masculin. Par exemple, nous savons que, dès la maternelle, les garçons affichent un taux de vulnérabilité exponentiellement supérieur aux petites filles. Langage, troubles cognitifs, violence, connaissances générales et autres.

Au moment même d’entreprendre leur cheminement scolaire, ces enfants sont carrément désavantagés. Et que fait-on? Rien.

Sans défense

Mis à part quelques spécialistes trop rarement écoutés, qui peut se targuer de prendre la parole pour les hommes? Les syndicats défendent les profs et les fonctionnaires, cannibalisant l’attention portée vers le milieu de l’éducation. Les groupes féministes, pertinents à une certaine époque, monopolisent le débat public quant aux inégalités. À l’opposé, il n’existe ni lobby ni groupe de défense des maudits hommes.

À qui la faute? En partie à nous, peuple québécois. Collectivement, nous adorons pointer les coupables, mais lorsque l’on présente un miroir devant ce doigt accusateur et que l’image reflétée nous déplaît, nous sombrons rapidement dans une espèce d’amnésie navrante.

Pendant ce temps, le ministère de l’Éducation, totalement déconnecté, fait la promotion depuis bon nombre d’années d’un programme de bourses, Chapeau, les filles!, qui remet annuellement 150 000 $ à de jeunes femmes qui étudient dans des milieux traditionnellement masculins. Pourtant, il n’y a aucun programme pour encourager les garçons à persévérer à l’école.

Quel message devons-nous retenir? Chapeau, les filles... pis fuck les garçons? Quelle tristesse!