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Le stade de la démesure

Le stade de la démesure
Photo d'archives, Joël Lemay

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Savez-vous combien d’argent on a directement investi depuis 1976 dans l’aventure du Parc olympique, à savoir le stade, sa toiture, sa tour, ses piscines et autres installations ?

Rien de moins que 3,52 milliards de dollars en argent sonnant, ce qui comprend 2,09 milliards en capital et 1,43 milliard en frais d’intérêt.

Qui a payé la facture jusqu’à présent ?

De 1976 à 2007, Québec, par l’entremise du Fonds spécial olympique, a défrayé 2,4 milliards pour éponger la dette olympique (capital et intérêts) des coûts de construction et de parachèvement du Parc olympique.

Les contribuables de la Ville de Montréal ont payé 646 millions. Cela comprend une contribution initiale de 71 millions, plus 216 millions à titre de quote-part de la dette olympique, et 360 millions en frais d’intérêt sur ladite dette.

Le COJO (Comité organisateur des Jeux olympiques de 1976) a versé 190 millions au cours de la période allant de 1976 à 1983.

Et de 2009 à aujourd’hui, le gouvernement du Québec a englouti 279 millions de plus dans une nouvelle panoplie de travaux.

Drapeau

Il est important de se rappeler que ce méga investissement de 3,5 milliards dans le Parc olympique est presque 20 fois plus élevé que les prévisions de coût lancées par le maire Jean Drapeau en 1972. Le célèbre maire de Montréal évaluait la construction du futur Parc olympique à seulement 180 millions de dollars.

L’erreur de calcul du maire Drapeau était notamment attribuable à sa mégalomanie, qui l’a entraîné dans la réalisation d’un Parc olympique complètement démesuré par rapport aux besoins d’y tenir les Jeux olympiques de 1976.

À la décharge du maire Drapeau, cependant, il faut dire que le chantier du Parc olympique a été victime d’une inflation galopante, d’une guerre syndicale, d’une grève et d’une flambée des coûts attribuables à des entrepreneurs véreux.

Un autre demi-milliard

Et la facture du Parc olympique n’a pas fini de grimper, loin de là.

On va franchir le cap des 4 milliards d’ici les cinq prochaines années, alors que des travaux additionnels d’un demi-milliard sont prévus.

Cela comprend des travaux en cours de 135 millions, plus une nouvelle toiture de l’ordre de 200 millions (sinon de 250 M$) et des dépenses de 200 millions pour le « maintien en bon état » des infrastructures du Parc olympique.

L’avenir

Avec l’audacieux design architectural de Roger Taillibert, le Parc olympique sera peut-être reconnu un jour comme l’une des grandes œuvres historiques de l’architecture et de l’ingénierie.

Chose certaine, le Stade olympique est l’un des amphithéâtres les plus coûteux de la planète.

Avec tout l’argent qu’on a investi dans le Parc olympique depuis 1976, le gouvernement du Québec est « condamné » à en assurer la pérennité à vie !

En dollars d’aujourd’hui, les 3,5 milliards de dollars qu’on a investis dans le Parc olympique depuis 1976 valent 7,8 milliards.

C’est tout simplement démentiel !

Pour s’en consoler, le grand patron de la RIO, Michel Labrecque, nous rappelle que le Parc olympique, selon la récente étude scientifique effectuée par le groupe de recherche Docomomo Québec (UQAM), possède une valeur patrimoniale indéniable.

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