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L’école et l’hécatombe des mâles

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AFP

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L’école québécoise favorise les filles à outrance. Les taux de diplomation catastrophiques des garçons au secondaire constituent le symptôme ultime de ce problème. Le faible taux de diplomation des garçons se répercute à l’université. La plupart des programmes des universités québécoises présentent maintenant des taux anormalement élevés de femmes, y compris en maîtrise et au doctorat.

Prenons l’exemple des derniers chiffres disponibles pour l’Université de Montréal. À l’hiver 2016, les hommes ne formaient que 32,3% des personnes inscrites comme étudiants réguliers. Ils représentaient 26,1% des étudiants inscrits en médecine ; 34,5% des étudiants de droit ; 32,5% des étudiants en arts et sciences. Pratiquement toutes les facultés en arts, en communication ou en science présentaient des chiffres similaires. Les HEC réussissaient à obtenir un ratio hommes-femmes acceptable, avec 49,7% d’étudiants hommes. Seule l’École polytechnique avait significativement plus d’étudiants que d’étudiantes, avec seulement 26,7% de femmes inscrites.

Les autres universités québécoises vivent souvent des situations similaires. Seuls 37,5% des étudiants de premier cycle de l’UQAM sont des hommes ; à Laval, ils sont 42,4% ; à McGill, 41,8%. Par-contre, l’Université Concordia possède un ratio homme-femme normal, avec 52% de femmes. Possiblement parce que 25% de ses étudiants proviennent de l’extérieur du Québec.

Aux cycles supérieurs aussi

La situation est presque aussi mauvaise aux cycles supérieurs. Par exemple, à l’UQAM, à la maîtrise et au doctorat, 59,2% des étudiants sont des femmes. À l’Université de Montréal, près  des deux-tiers des étudiants de maîtrise et plus de la moitié des étudiants de doctorat sont des femmes.

Cette situation est non seulement catastrophique pour les hommes, mais pour toute la société. Elle reflète l’injustice profonde de notre système d’éducation à l’endroit des hommes. Il n’existe aucune excuse pour justifier cette hécatombe contre les garçons, hécatombe qui s’amplifie année après année.

Lutter pour nos fils

Il y a quelques décennies, nous avons lutté pour que les filles puissent avoir les mêmes chances que les garçons sur les bancs d’écoles. Nous avons rejeté les faux arguments de ceux et celles qui prétendaient qu’elles étaient moins intelligentes que les hommes, que leurs ambitions étaient différentes ou que la société attendait autre chose d’elles.

À présent, nous faisons face au même type de défi, mais avec les hommes. Il faut de toute urgence agir pour favoriser la réussite scolaire des hommes. Nos fils ont autant le droit que nos filles de rêver à leur avenir.